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153. Quand les parents mangent des raisins verts...

martine

Bulletin 153 . Mars 2015
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Quand les parents mangent des raisins verts…

Parfois dans les familles d’étranges histoires surviennent, comme si ces familles étaient victimes d’un étrange destin, comme une forme de malédiction. Pour en donner un exemple, je vais faire appel à un cas cité par S.Tisseron dans son ouvrage « Les secrets de famille, mode d’emploi » : « Pierre est un homme de 33 ans. Il a bien vécu la naissance de son premier enfant. La venue d’un second lui pose par contre de graves difficultés qui se traduisent par des moments d’agressivité envers son épouse et d’importants sentiments de rejet pour cet enfant. S’étant longuement interrogé sur son malaise, Pierre finit par découvrir incidemment un début de réponse dans son histoire généalogique. Ses arrières grands parents avaient eu 4 enfants, tous des garçons. Le deuxième et le troisième étaient morts en bas âge, et le quatrième que la maladie avait failli emporter, était toujours resté de santé fragile. Curieusement l’histoire sembla se répéter à la génération suivante. Le seul des deux garçons survivants à avoir des enfants fut l’aîné, qui était aussi le grand père de Pierre. Il eut à son tour 2 garçons : le premier se développa normalement (c’était le père de Pierre) ; l’autre devint malade mental. Le père de Pierre eut aussi 2 garçons : l’aîné, Pierre, réussit brillamment dans sa vie professionnelle alors que son frère cadet devint un grand toxicomane. Pierre comprend alors, à la lumière de ces souvenirs que son angoisse d’être confronté à la naissance d’un second garçon ne lui appartient pas en propre mais qu’elle a traversé successivement plusieurs générations ».

L’ouvrage de Tisseron dont nous avons eu d’ailleurs déjà l’occasion de parler, est centré sur les méfaits des secrets de famille et les cas de ce type y foisonnent. Or, on ne tient secret que ce qui est source de honte ou de traumatisme, il est à partir de là intéressant de se poser la question de savoir ce qu’il advient des faits traumatiques qui ne sont pas forcément tenus secrets : sont-ils eux aussi à l’origine d’une telle transmission, et si oui, par quelle voie ceux-ci peuvent- ils donc passer d’une génération à une autre ? C’est tout le problème de la transmission transgénérationelle.

Cette voie de recherche était d’ailleurs là en latence depuis Freud. On connaît par exemple l’importance que ce dernier accordait au modèle œdipien, système complexe de relations fantasmatiques parents-enfant, et organisateur central du psychisme. Or Freud nous a bien précisé que le fameux Surmoi, instance psychique naissant à l’issue de ce complexe et représentant l’intériorisation des interdits parentaux était avant tout modelé sur le Surmoi des parents plus que sur leurs interdits directement énoncés. Le Surmoi étant en majeure partie inconscient, la porte est ouverte à une transmission qui va bien au-delà des deux générations impliquées et d’un quelconque mode d’éducation même si bien sûr ce dernier est partie prenante du phénomène. De même a-t-il décrit l’enfant comme le porteur et le continuateur du narcissisme parental.

Il circule donc dans les familles des éléments psychiques qui se transmettent à l’instar des gènes comme un héritage parfois heureux, mais dont parfois on se passerait bien. Cette transmission n’a toutefois rien de magique quand on en connaît le vecteur : l’identification. On peut brièvement décrire cette dernière comme la transformation de soi, de son moi, de sa personnalité sur le modèle de l’autre, la personnalité dite « définitive » étant le résultat de la série d’identifications qui la constitue, certaines contribuant à l’enrichir et la renforcer harmonieusement, certaines pouvant l’aliéner dans des fonctionnements pathologiques. Et bien sûr, on s’en doute, ce phénomène prend place très tôt et concerne essentiellement de ce fait le lien parent-enfant. Et au-delà le lien du parent à ses propres parents, et ainsi de suite. On peut ainsi définir la transmission intergénérationnelle comme un mode de transmission inconscient mais extrêmement puissant lié à ce que l’enfant représente pour ses parents.

Avant d’aller plus loin, et pour bien fixer les choses on peut rapidement prendre un exemple. De fait, il s’agit de plusieurs cas de femmes ayant eu une mère elle-même victime de graves carences affectives, certaines étant orphelines ou abandonnées par leur propre mère, d’autres n’ayant pour diverses raisons pas pu établir un lien harmonieux avec elle. Or, ces mères semblent dans la plupart des cas avoir plutôt bien surmonté leur traumatisme, se sont mariées et ont elles-mêmes eu un ou plusieurs enfants dont une fille. A partir de là, on retrouve dans le comportement que ces mères ont eu envers leur fille un mélange de trois composantes majeures présentes dans différentes proportions dont l’une d’entre elles peut être largement prédominante selon les cas :

- La première tendance est de ne pas se préoccuper de sa fille, lui faisant ainsi directement vivre ce qu’elle-même a vécu, soit en la laissant totalement livrée à elle-même, « comme si elle n’avait pas de mère » ou en tout cas comme si la mère ne la reconnaissait pas dans ses besoins. La fille comprend très tôt qu’elle ne peut compter que sur elle-même, devient parfois débrouillarde à l’instar de sa propre mère, parfois non, mais toutes éprouvent encore aujourd’hui un profond sentiment d’abandon, d’injustice, ou à minima de non reconnaissance, et restent attachées au besoin d’une mère comme si elles- mêmes avaient été orphelines ou abandonnées. Diagnostic : attachement dépendant à la mère, forte ambivalence, agressivité culpabilisante, sentiment d’abandon, forte tendance dépressive.

- La tendance radicalement opposée est de faire en sorte que leur fille n’ait surtout pas à souffrir de ce dont elles-mêmes ont du souffrir. Elles se « réparent » au travers de leur fille identifiée à elles-mêmes, cherchant à être avant tout des mères parfaites (celle qu’elles n’ont pas eue), ne supportant pas que leur fille puisse être affectée un tant soit peu d’un sentiment de manque. Ce qui est bien sûr une mission impossible, et qui plus est, de par la confusion existant entre elles-mêmes et leur propre fille, elles tendent à prendre pour manifestation de détresse le moindre signe d’insatisfaction qui signe leur échec, fait d’elles de « mauvaises mères », à l’instar de celle qu’elles ont eu. Outre ce retour à la case départ, s’immisce alors un sentiment de non reconnaissance de leurs efforts, d’injustice et d’abandon, que leur inflige aujourd’hui cette fille répétant ce qu’elles ont eu déjà à subir de la part de leur mère,.mère rejetante, dont malgré tous leurs efforts elles n’ont pu se faire aimer suffisamment pour qu’elle ne les abandonne pas. S’ensuit tout un nombre de conduites agressives envers leur fille, agressivité plus ou moins larvée, l’agressivité même qu’elles ressentent envers leur mère du fait de leur abandon, et souvent des tentatives de culpabilisation du type : « comment peux-tu te comporter ainsi avec tout ce que je fais pour toi », sous entendu « moi qui n’ait pas eu cette chance ! » qui masque difficilement leur envie. C’est alors la fille qui va être en proie à un sentiment d’indignité, d’égoïsme, la culpabilité de ne pas mériter tant d’amour, de ses propres sentiments agressifs, de sa tendance à abandonner sa mère en s’autonomisant, de la faire souffrir etc, etc..et bien sûr au final tendance dépressive avec un attachement viscéral à une si bonne mère qu’elles se reprochent d’abandonner dès qu’elles pensent un tant soit peu à elles.

- La troisième tendance qui d’ailleurs infiltre largement les deux autres est aussi de réparer leur passé grâce à cette enfant mais sans passer par la première identification : elles prennent directement cette enfant pour la bonne mère qu’elles n’ont pas eu : les voilà qui attendent d’elle tout l’amour et toute l’attention qui leur a manqué. Mission impossible, là encore mais pour la fille cette fois qui sera en proie au sentiment de culpabilité du à son échec doublé d’une impossibilité de faire leur propre vie tant qu’elles n’ont pas réussi leur mission qui les attache éternellement à leur mère. C’est dans cette dernière tendance que tendances tyranniques, manipulatrices et chantage affectif sont les plus marquées. Le résultat est le même.

Reste de le cas de la mère qui, attachée à son propre passé ne l’a pas surmonté et porte elle-même sa dépression (ndlr : au lieu de la faire vivre à la génération suivante) . Même résultat : l’enfant aura pour mission de rendre heureuse à tout prix une mère qui a tant souffert, même mission impossible, même attachement, même sentiment de culpabilité et d’échec, même diagnostic.
Sentiment d’indignité, d’injustice, de manque, de culpabilité, attachement dépendant, manque affectif, sentiment d’abandon : voici le devenir de ces filles qui portent ainsi un vécu d’orpheline alors qu’elles ne le sont pas. Si ici les mécanismes de la transmission sont faciles à mettre à jour car on est en prise directe avec la première génération, on peut se douter de ce qu’il adviendrait si l’on devait examiner les générations suivantes alors mêmes que l’abandon est oublié sans n’avoir d’ailleurs jamais été secret.

Pour envisager de manière plus théorique ces différentes transmissions dont nous venons de donner un exemple malheureusement presque banal, il est nécessaire de définir la notion de « contrat ». Pour Robion ( Robion Jacques, « De la transmission psychique préconsciente à la transmission psychique inconsciente », Dialogue, 2003/3 no 161, p. 5-5. DOI : 10.3917/dia.161.0005), il existe deux types de transmission, préconsciente et inconsciente. Dans le premier cas, celui de la transmission préconsciente, on a affaire à trois types de « contrat » :

- Un contrat dit « symbiotique » qui renvoie au lien primaire mère-nourrisson dans lequel l’enfant doit satisfaire le désir de la mère pour ne pas la perdre. Première identification, donc qui commence à moduler l’enfant sur les attentes de sa mère le concernant.

- Un contrat dit « narcissique » sur la base du « pacte narcissique » tel que défini par Aulagnier , contrat passé entre l’enfant et les parents mais aussi le groupe social qu’ils représentent dans lequel l’enfant assure la continuité narcissique du parent et des générations antérieures en échange de la reconnaissance de son appartenance au groupe qui lui assure son identité.

- Enfin un contrat dit « objectal » qui lui exige la réciprocité et dans lequel un échange constant d’identité modèle chaque partenaire selon les souhaits de l’autre.

Le second type de transmission est inconscient et beaucoup plus problématique. Il passe par la « symbiose dénégative » ou le « contrat symbiotique dénégatif ». Là l’identité à « absorber » n’est pas identifiable (on pense aux expulsions d’un conglomérat deuil-dépression totalement méconnaissable dans sa nature tel que décrit par Racamier ), et est essentiellement (pour ne pas dire exclusivement) utile à celui qui transmet pour lui permettre de refouler certains contenus psychiques inadmissibles pour lui. La défaillance de la fonction du refoulement chez le parent le conduit alors à s’annexer le psychisme de l’enfant pour l’aider dans cette tâche, l’enfant devenant alors simple « prothèse psychique» du parent. Racamier est encore plus radical en donnant pour issue à ce contenu psychique parental transformé et devenu méconnaissable l’issue de la pure et simple expulsion dans le psychisme de l’enfant où il agira dès lors comme un corps étranger.

Pour comprendre alors ce bizarre moyen de transmission entre deux individus, qui semblerait presque télépathique si l’on est un tant soit peu mystique, il suffit de faire appel à un mécanisme d’identification décrit par Klein : l’identification projective. La projection, on la connaît déjà, elle peut se résumer par « ce n’est pas moi, c’est lui ».Manière fantasmatique en quelque sorte de voir en l’autre ce qu’on ne peut ou ne veut voir en soi. Un bon exemple parmi tant d’autres est celui de ces personnes persuadées que tout le monde les envie, alors que d’une part on voit difficilement ce qu’elles pourraient avoir d’enviable, et qu’un examen un peu plus attentif a vite fait de mettre en évidence que se sont elles qui sont remplies d’envie. Ceci donne une vision déformée de la réalité, certes, mais ne modifie en rien le monde intérieur de l’autre, le supposé envieux qui ne le deviendra pas plus parce qu’on lui attribue ce trait de caractère. Vérité à tempérer toutefois si c’est un enfant et que la personne qui lui répète inlassablement « tu es comme ceci ou comme cela » est le parent admiré et censé en savoir beaucoup plus que lui sur lui-même. On se rapproche déjà là un peu plus de l’identification projective. L’identification projective intervient quand au-delà de la projection, il est nécessaire d’exercer un contrôle sur la part de soi projetée, tout en lui donnant une réalité concrète. Il s’agira alors que le récepteur de la projection éprouve réellement ce sentiment d’envie, et dans l’idéal le manifeste dans son comportement, histoire de bien verrouiller le système et d’éviter l’effet boomerang. Une bonne manière d’atteindre ce but est par exemple de créer l’envie de toute pièce, en faisant miroiter des possibilités auquel l’autre n’aurait jamais pensé tout seul, puis de le décevoir violement : « tu aimerais avoir ceci ou cela…regarde comme ce serait formidable (suit la description de tout ce qui pourrait s’attacher de positif voire d’inespéré à ce projet)….et bien, non, tout compte fait ce n’est pas possible ! ». On peut être tranquille, l’envie restera ! Voici comment créer un envieux qui portera pour nous ce sentiment intolérable, l’envie ou tout autre sentiment destiné à être projeté. Ceci passe très souvent par l’agir, sans avoir besoin de paroles : vous ne vous sentez rien valoir, traitez l’autre avec mépris, vous avez un sentiment d’abandon, négligez l’autre, etc, etc…

L’intérêt qu’ont certains parents à « refiler la patate chaude » à leur enfant se rencontre malheureusement régulièrement chez les différents thérapeutes de l’enfance: le parent vient consulter pour l’enfant, se plaignant amèrement de tel ou tel symptôme dont l’enfant est affecté, et met brutalement un terme à la thérapie dès qu’une amélioration se fait sentir. Mais ceci s’observe aussi dans la vie courante, quand le parent se plaint tout aussi amèrement de ce que lui-même entretient par ailleurs chez son enfant. Ceci passe souvent par des messages paradoxaux ou quelque chose est affirmé alors que le comportement affiché dit le contraire : se plaindre de la dépendance d’un enfant qu’on empêche de faire un pas tout seul par exemple. Un tel message a un effet de sidération sur le récepteur qui en général choisira d’obéir au désir inconscient du parent plutôt qu’à son énoncé verbal.

Pour Ciccone la première mission de l’enfant est d’assurer la continuité narcissique des parents, accomplir ce qu’eux-mêmes n’ont pu faire et leur assurer une certaine immortalité, mais au-delà il a une mission de réparation par rapport aux blessures qui leur viennent de leur propre passé.

Le destin de l’enfant semble donc devoir être inscrit très tôt, de manière plutôt irrémédiable, et pourrait-on dire c’est une question de chance…il s’agit de ne pas « tomber » chez des parents psychiquement trop fragiles ! Et effectivement les chances de l’enfant semblent bien minces d’échapper à de tels mécanismes. Car en effet tout est fait pour faire de lui un « complice » de la transmission : son besoin d’amour et de protection d’abord, qui va l’inciter à se soumettre pour être aimé, l’idéalisation des parents, ces adultes tout puissants, qui semblent posséder tout ce qui lui manque encore et tout ce qu’il désire acquérir, qu’il voudra imiter « quand ils sera grand », mais aussi une certaine gloire à endosser certains rôles hautement valorisant (rendre sa mère heureuse, la consoler, être adulte à la place des adultes, être l’enfant fétiche adulé, rester dans une dépendance bien confortable, éviter les affres de l’autonomie, etc…). Car bien sûr, c’est parce que quelque chose en lui répond à cette demande que ça marche si bien ! Quelque chose qui continue à alimenter le système bien longtemps après que le temps ait été révolu, et fait de magistrales résistances à la thérapie ! Mais parfois aussi l’enfant résiste avec ses faibles moyens qui ne lui laissent guère d’autre choix que de produire un symptôme (celui pour lequel les parents consultent avec tellement d’ambivalence parfois). Un symptôme qui comme tout symptôme est la traduction d’un conflit entre le désir d’accepter la transmission et le refus de celle-ci. Il est alors fort difficile de dire qui fait quoi, qui dit quoi, qui porte quoi dans la famille. Il y a parfois danger à interpréter certains comportements de l’enfant comme n’étant dus qu’à ses simples mouvements intrapsychiques (un conflit œdipien par exemple) alors que l’économie familiale toute entière se joue sur ce symptôme. Il y alors intérêt à envisager une thérapie psychanalytique familiale qui plus que toute autre pourra au travers de l’examen des relations familiales mettre en évidence ces phénomènes de transmission inconsciente, histoire de rendre à César ce qui lui appartient !

Il y a aussi intérêt comme toujours à se repencher lorsqu’on est adulte sur son passé, afin de faire parfois un tri salutaire entre ce qui nous a été injecté et ce qui nous appartient, sachant que les deux sont étroitement imbriqués, et qu’il ne s’agit ni de tout mettre sur le dos de la transmission, ni de l’occulter totalement. En clair, ce n’est que très rarement la faute à un seul des deux camps, surtout quand on n’est plus enfant depuis longtemps, sinon, cela s’appelle de la victimisation et il n’y a pas de meilleur moyen de refuser d’avancer, la souffrance entretient souvent une jouissance inconsciente dont il est difficile de se défaire, il ne faut pas l’oublier. Toutefois la victimisation peut être souvent une étape indispensable, en effet la plupart des enfants qui ont reçu un héritage empoisonné ont la plupart du temps beaucoup de difficultés à se dire que ce n’est pas de leur faute et à mettre en cause leurs parents auxquels les lie une fidélité hors du commun (lien psychique très serré oblige !). Se reconnaître victime d’un système est alors un passage obligé quand la victimisation s’est centrée sur une souffrance hors sens, forme d’injustice du destin qui accable et donne lieu une longue plainte dans laquelle on entend encore parfois la voix du parent qui mène l’enfant chez le thérapeute en se plaignant d’un symptôme auquel il n’est pas question de renoncer ! Car dans le psychisme ce qui déplait d’un côté est rarement dépourvu de bénéfices secondaires de l’autre, ces bénéfices étant la plupart du temps totalement inconscients, bien entendu, chose qu’il ne s’agit pas d’oublier sous peine de se sentir (encore) accusé injustement d’une « faute » que l’on n’a pas commise et (encore) totalement incompris !

Sur ces réflexions, je vous donne rendez-vous au mois prochain !
Très cordialement
Martine Massacrier
martine@adps-sophrologie.com



Envoyé le 25/02/2015

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