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145 De l'abandon...encore et toujours!

martine

Bulletin 145 Juin 2014
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De l’abandon…encore et toujours !
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On peut voir régulièrement d’anciens enfants ayant réellement souffert de carence affective (allant le l’abandon pur et simple, en passant par la maltraitance physique ou morale, le rejet, le manque d’amour…), s’en sortir (apparemment) remarquablement bien, et devenir des adultes (toujours apparemment) très actifs, très entreprenants et très indépendants. On a pu parler à leur propos de résilience (Cyrulnik), si ce n’est qu’à les examiner de plus près, on remarque très régulièrement deux choses :

- un attachement à la famille d’origine qui persiste envers et contre tout, y compris sous une forme « négative » allant de la distance géographique à la rupture de contact, qui cache mal une fidélité inconsciente persistante ne serait-ce que dans le symptôme ou la répétition des scénarios qu’on cherche justement à éviter.

- et surtout une extrême fragilité en ce qui concerne la vie amoureuse, dans laquelle se manifeste régulièrement des phénomènes de dépendance affective, sur le mode passionnel-souffrant, qui cadrent mal avec l’idée que l‘on se fait de tels personnages à l’apparence équilibrée et dont il se dégage même une certaine force de caractère. Il semblerait que ces personnes soient invulnérables, tant que l’amour-passion n’entre pas dans leur vie.

A l’opposé, on voit également d’autres personnes dont l’enfance a été faite d’amour et de protection, et qui manifestent (plus normalement) un lien très fusionnel à leur famille d’origine. Et ces personnes là sont justement et paradoxalement celles chez qui on retrouve ouvertement les traits dépendants et abandonniques qu’on s’attendrait à juste titre trouver chez les premiers. Très souvent alors, si l’on se penche sur leur passé, on verra que protection était souvent surprotection, amour se conjuguait avec dépendance, interdit de se séparer et le climat familial se révèle la plupart du temps incestuel (Racamier).

Il est étrange de constater ainsi que trop ou pas assez d’amour et de protection donnent quasiment les mêmes résultats.

A ce propos, je vous signale un excellent article de Gérard Derchef paru dans la Revue de Psychothérapie Psychanalytique de groupe (2004/1 n°42) intitulé : « Le traumatisme dans la famille, origines, réactions de défense. »

Derchef nous y rappelle que le rôle parental est avant tout de mener l’enfant vers l’autonomie (et pas seulement l’autonomie matérielle, mais aussi et surtout l’autonomie affective), mais que ceci ne peut se faire que si dans les premiers temps l’enfant a pu bénéficier d’une contenance suffisante pour être assez « solide » pour entamer ce parcours. On pense à l’aire d’illusion de Winnicott, condition indispensable pour supporter la désillusion progressive qui s’ensuivra et amorcera la séparation d’avec la mère, on peut penser aussi à la séduction narcissique et le « deuil originaire » chez Racamier, prototype de toutes les séparations ultérieures, et bien d’autres encore qui se rejoignent tous sur le cycle affectif indispensable au développement : un premier temps de dépendance totale, de fusion absolue, un second temps de renoncement à cette dépendance absolue, le deuil de cet état, puis le premier pas vers l’autonomie.

Or, l’état des lieux nous oblige, et la clinique adolescente est à ce propos très parlante, à constater qu’il y a pour le moins ce que l’on peut qualifier de « malaise dans l’autonomie ». Ce qui nous conduit à nous repencher sur ce thème, non pour reparler une nième fois des multiples facettes de la dépendance affective, mais plutôt pour l’aborder sous un angle nouveau, en mettant l’accent sur la fausse indépendance, en tant que défense contre une dépendance sous jacente.

Pour ce faire, je vous propose de nous reporter à l’article de Derchef, qui divise ce que l’on pourrait qualifier de « mouvement vers l’autonomie » en deux sous-mouvements : un « mouvement organisateur de vie » qui correspond à ce cycle normal : dépendance, désillusion, indépendance, et des « mouvements organisateurs de survie » que l’on retrouvera dans les trois cas essentiels qu’il nous décrit comme :

- L’enfant amené à penser « On ne peut pas vivre sans moi ». Un tel enfant correspond en général à un enfant maintenu dans la fusion, dans la mesure où c’est le parent qui est incapable de le laisser s’autonomiser, se séparer de lui, l’enfant servant à pallier les carences parentales, le plus souvent invisibles chez le parent en question. C’est le fameux « enfant anti-dépresseur » dont la dépendance normale du début de vie et la relation fusionnelle qu’elle implique est utilisée par le parent pour son propre bénéfice dans la mesure où il y trouve ce qui lui a manqué à lui jadis. Un tel parent bien sûr (très inconsciemment) ne saurait se séparer de ce qui garantit sa survie.

- L’enfant amené à penser « On ne peut pas vivre avec moi ». Un tel enfant est victime de carences affectives réelles, amené à se sentir non reconnu, non aimé, non protégé. Le parent est en général incapable de donner ce qu’il n’a pas reçu lui-même. Malheureusement, on sait à quel point l’enfant a tendance à s’attribuer toute la responsabilité de ce qui arrive : si on ne l’aime pas c’est qu’il n’est pas digne d’être aimé. Bien d’autres situations peuvent également générer ce type de ressenti : on aurait préféré un garçon et c’est une fille, on semble préférer ou porter plus d’attention à un autre membre de la fratrie, on accuse un peu trop l’enfant d’être « insupportable », de « rendre maman malade », voire pire un parent décède…

- L’enfant amené à penser « A quoi (à qui) je sers ? ». Un tel enfant vit en général dans l’incohérence ou le paradoxe. Le parent peut se montrer par exemple extrêmement fusionnel et aimant à certains moments, puis faire preuve de mouvements de rejet imprévisibles, ou encore surprotéger l’enfant abusivement de tout et de rien…et le laisser en danger quand il aurait vraiment besoin d’être protégé, etc.

Quand je dis « le parent », ceci peut faire allusion à la mère, ce qui est en général le cas, mais aussi au père ou au deux, les deux pouvant avoir la même attitude ou des attitudes très différentes ce qui explique que d’ordinaire on se trouve dans des cas « mixtes » : « ma mère ne pouvait vivre sans moi, mon père était terrifiant par ses colères imprévisibles alors que le reste du temps, il était très gentil », par exemple.

Derchef nous décrit alors ces trois modes de contenance parentale, correspondant aux trois modes de « défense pour la survie » de l’enfant :

1) « On ne peut pas vivre sans moi » ou la fusion interminable : Ceci peut correspondre pour l’auteur à plusieurs types de problématiques parentales :

- le parent coupable qui veut réparer le passé : un enfant mort précédant la venue de l’enfant actuel en est l’exemple le plus parlant, mais il faut souvent remonter plusieurs générations pour trouver la clé du mystère, de telles pathologies du lien ne survenant quasiment jamais de manière spontanée et la clé se trouvant très souvent dans l’enfance du parent, voire du grand parent.

- Le parent intrusif : Nous sommes ici dans le climat incestuel tel que décrit dans le bulletin « L’inceste et l’incestuel ». Là les liens sont très serrés, très fusionnels, au point que personne dans la famille n’a d’espace privé, pas même parfois son propre corps. On peut rapidement traiter ces cas de figure de « surprotection » voire d’ « amour intense », de « dévouement inconditionnel »…Il s’agit avant tout d’emprise, d’un enfant pris comme une partie de soi et traitée en tant que telle avec toutes les conséquences imaginables pour sa future autonomie. C’est souvent là où la non limite entre les générations est la plus tangible. Souvent en effet la grand-mère maternelle a un rôle de premier plan dans l’éducation de l’enfant. Ainsi cette mère célibataire, ayant pris sa mère à charge et travaillant nuit et jour pour qu’elle ne manque de rien, car « elle est bien trop déprimée pour travailler, et c’est la moindre des choses en vertu de l’immense dette que l’on a contracté envers elle au nom des multiples sacrifices qu’elle a du faire toute sa vie pour nous élever ». Mère assistée par sa fille…mais qui se voit dès lors érigée en véritable mère de l’enfant dont sa vraie mère n’a absolument plus le temps de s’occuper. Quant à l’enfant, il va se voir élevé par une mère-grand-mère dépressive, ne voyant sa véritable mère qu’en coup de vent, et en général épuisée, énervée ou coupable de ne pas assez s’occuper de son enfant, se livrant alors à des débordements d’amour aussi violents qu’inopinés pour lui. Vous aurez noté bien sûr l’absence de fonction paternelle.

- Le parent endeuillé (ou dépressif) : Là encore il s’agit de faille narcissique de la part du parent, faille que l’enfant vient combler. Il peut s’agir d’un vrai deuil, d’un deuil ancien impossible à faire, d’un deuil évité justement en se centrant exclusivement sur l’enfant ou de simples carences narcissiques chez le parent.

- Je rajouterai pour ma part, la réparation de sa propre enfance : un parent carencé affectivement peut en effet vouloir à tout prix réparer son enfance, « se » réparer au travers de son propre enfant qui ne devra à aucun prix subir ce que lui a subi. Le glissement se fait vite vers la confusion des êtres, la projection de sa propre souffrance sur l’enfant qui n’en demande pas tant et les moyens drastiques mis en œuvre pour pallier à ce désarroi supposé chez l’autre qui n’est en fait que celui éprouvé dans son enfance par le parent.

2) Venons en maintenant au second cas de figure « On ne peut vivre avec moi ».

- On retrouve là encore le parent dépressif, mais d’une dépression plus visible. Très souvent en effet dans le premier cas de figure, la dépression parentale passe inaperçue, dans la mesure où l’enfant joue bien son rôle de psychotrope. Si dans le premier cas, la mère ayant bien pallié à sa dépression, peut paraître vivante et active, dans le second elle est le plus souvent ouvertement dépressive et souffrante ; ce qui bien sûr est très culpabilisant pour l’enfant qui, comme on l‘a vu se sent responsable de tout. L’enfant va alors être amené à vouloir réanimer sa mère, par tous les moyens, dans tous les cas s’en sentir entièrement responsable, donc bien sûr s’interdire de la quitter, sauf que cet enfant là ne peut qu’échouer dans sa mission réparatrice, là où dans le premier cas il y réussissait si bien sans le savoir. Cet échec est bien sûr très culpabilisant, et attache l’enfant à sa mère plus sûrement que le plus serré des liens. Mais il en résulte pour l’enfant un immense désarroi très profondément enfoui pour faire face à toutes ces responsabilités qui l’écrasent. En effet si le désarroi est normal chez l’enfant quand il ne se sent pas protégé, que dire d’un tel enfant qui non seulement n’est pas protégé, mais de plus a à charge de protéger l’adulte ?

- On retrouve également le parent lui-même carencé, mais qui lui est dans l’incapacité de donner ce qu’il n’a pas reçu. Le parent a peut –être été lui-même orphelin, abandonné, maltraité, a du lui-même « survivre », et pour cela se couper de ses affects qui auraient pu le détruire s’il les avait ressenti alors. La demande affective de l’enfant le met alors en danger de voir ré-émerger sa propre demande inassouvie et le fantôme de sa détresse infantile, d’où une défense renforcée contre tout ce qui est du registre de l’affect donné-reçu. Il peut y avoir également un caractère insupportable, de l’ordre de l’envie, de l’injustice à voir que l’enfant a droit à ce dont lui-même a été privé. La vie, la joie, la naïveté de l’enfant n’est pas facile à supporter pour qui n’a pas eu le droit d’être enfant lui-même. Ces mouvements peuvent alors de plus se voir sanctionnés, au nom de l’irresponsabilité devant une vie présentée comme terrible à vivre dès le plus jeune âge. J’ai pour ma part connu plusieurs cas d’enfants traités en véritables « orphelins en présence de leur mère » quand la mère l’avait effectivement été (orpheline). Bel exemple de transmission de traumatisme ! En effet ce sont les enfants qui portent ici l’abandon initial, et les symptômes qui vont avec.

- On retrouve l‘enfant utilisé dans un conflit de couple. C’est l’enfant à qui on impose un choix déchirant entre ses deux parents. Le cas le plus classique en est le cas du divorce qui se passe mal, et où l’enfant est sommé de « choisir » en quelque sorte d’aimer l’un ou l’autre, tout mouvement de rapprochement envers l’un étant trahison envers l’autre. Quand l’enfant n’est pas utilisé comme agent actif, chargé de faire l’espion, ou de transmettre les messages !

- Derchef souligne également les « parents anti-couple » : l’enfant étant alors utilisé comme défense contre le lien de couple et la sexualité (donc phagocyté), ou, et c’est ce qui nous intéresse le plus ici, le premier cas relevant plutôt de l’incestuel, le couple vivant sa vie de couple en ignorant que ses membres sont aussi des parents. L’enfant ne peut alors que se sentir « de trop », mis à l’écart et en ressentir un réel vécu d’abandon.

3) Le troisième cas est celui de l’enfant soumis à l’incohérence parentale et ces alternatives de « chaud-froid » entre intrusion et abandon. On se trouve là face à une communication paradoxale, dont on connaît les ravages sur la pensée. Outre l’insécurité majeure qui résulte de se trouver ainsi soutenu par des sables mouvants, il faut souligner l’impossibilité de donner un sens à ce qui se passe, difficulté qui se retrouvera la vie durant entre autres dans l’incapacité à savoir ce que l’on pense et même ce que l’on ressent. Mais pire que ça, la réponse à une telle communication, pour éviter la folie, ne peut être que le clivage au prix de la mutilation de la personnalité : clivage entre les réponses parentales entraînant clivage entre un moi dévasté et un moi cohérent en surface, gardien de la vie psychique, clivage entre un parent entièrement bon, idéalisé, sans faille et un parent diabolique entièrement rejetant. Avec les difficultés de structuration qu’implique une telle dichotomie.

Nous avons vu là trois grandes classes de vécus familiaux pouvant créer un manque d’autonomie, trois vécus que l’on peut qualifier de traumatiques. Toutefois ce sont des vécus extrêmement différents : un tel peut se sentir aimé inconditionnellement d’une mère extraordinaire, amour qu’il lui rend bien, là où un autre en voudra à mort à une mère « qui ne l’a jamais aimé » mais dont il reste toutefois incapable de se séparer. Pour Derchef, les conséquences sont rigoureusement les mêmes, en résumé :

- Une hypervigilance à toute tentative de manipulation, d’intrusion, pouvant virer à la persécution, même si de fait ils sont souvent incapables de s’en défendre.

- Une hypersensibilité qui peut se sublimer par exemple dans la création ou dans un idéal.

- Une exigence de clarté et de rigueur, à la hauteur de leur sensibilité à l’injustice et la trahison, un besoin d’aller au fond des choses, de comprendre à la hauteur du besoin de maîtriser ce qui les dépasse.

- Une fragilité narcissique qui les fait avant tout dépendre de l’autre pour être sûrs d’exister.

- Des relations soit absentes, sur le registre de la méfiance, soit fusionnelles.

- Une organisation traumatique : ils ont été figés dans un système qui envahit d’une part la réalité quotidienne, qui fige également leur espace psychique sur un fonctionnement défensif non modulable ou en tout cas très difficile à moduler : il s’agit avant tout de prévenir le retour du traumatisme qui a failli les détruire, et qui reste pour eux toujours d’actualité. Méfiance, insécurité, registre de l’urgence pour parer à une catastrophe imminente, angoisse de mort sont leur quotidien. A rajouter à cela qu’il est difficile de renoncer à des mécanismes auxquels on doit sa survie si le danger est toujours d’actualité !

- Le contact à la réalité est forcément altéré par ce monde interne ravagé projeté dans leur vie actuelle.

- L’angoisse d’abandon est toujours présente, en alternance avec l’angoisse d’intrusion, même si dans certains cas l’une prend le pas sur l’autre.

On pourrait être tenté de penser que chez celui qui a été surprotégé, l’angoisse d’intrusion sera majeure, alors que chez celui qui a été abandonné, ce sera plutôt l’angoisse d’abandon qui domine par exemple. Ceci est vrai et faux à la fois : il est vrai que ceux qui ont survécu à l’abandon, en ont tiré une force, une capacité à s’en sortir seul qui souvent se remarque, alors que l’enfant surprotégé correspondrait plus à l’enfant perdu toujours en quête d’un autre pour s’occuper de lui, le cas typique du dépendant. Et certes, c’est ce qu’on a souvent tendance à constater si on ne voit pas plus loin que le bout de son nez. S’arrêter ici c’est en effet ignorer que le besoin immodéré de l’autre pour sa survie peut se conjuguer par une accroche abandonnique, un besoin de présence totale conjuguée soit sur le mode supplication, soit sur le mode séduction, soit sur le mode « regarde comme je te suis indispensable », soit encore sur le mode emprise, à tonalité perverse voire perverse tout court, soit sur le mode « je n’ai besoin de personne » qui attend qu’on vienne prouver le contraire (ce qui permet de dire,  « moi, je ne demande rien ! » (mais il vaudrait mieux que tu comprennes, sinon je te le ferai payer….), rajoutons à cela les plaintes somatiques, voire les auto-agressions.. etc…. Autant de modalités apparemment différentes qui cachent au fond la même chose et parlent des effets du traumatisme bien plus que de ses modalités.

Pour mieux comprendre ce qui se passe, il s’agit tout d’abord d’examiner la vie amoureuse de ces personnes, telle belle façade indépendante, tombera dans le piège d’un asservissement passionnel à l’autre, tel hyper dévouement cachera le désir insatiable de reconnaissance de la part de l’autre, etc..Mais surtout, il s’agit de voir les modalités particulières des liens incestuels avec cette confusion des personnes et des « parties » de personnes projetées dans l’un ou dans l’autre. Ainsi on peut protéger son indépendance affichée en projetant la partie de soi dépendante en l’autre « qui a tellement besoin de nous », cet autre qu’on va alors bichonner, protéger, car « il est tellement fragile » ! Or, sans nous, l’autre peut s’avérer beaucoup moins fragile que l’on pense et la situation, vite se renverser.

Il est fréquent que je reçoive des personnes souffrant de la fameuse « dépendance affective », et je peux témoigner que je ne l’ai jamais retrouvée isolée , le conjoint l’est souvent tout autant si ce n’est plus, même si c’est sous couvert de protection et de force apparente, les enfants bien sûr sont immédiatement plongés dans le bain, et si l’on remonte une à deux générations, le véritable abandon est toujours là !

Après ce petit tour d’horizon, qui j’espère pourra donner à ceux qui se savent dépendants un autre regard sur leur entourage, plus valorisant pour eux qui en ont bien besoin, je vous donne rendez vous au mois prochain.

Très cordialement
Martine Massacrier
martine@adps-sophrologie.com

Envoyé le 28/12/2014

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