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140 La peau : du contenant au Moi-Peau

martine

www.adps-sophrologie.com

Bulletin 140. Février 2014.
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La peau : du contenant corporel au Moi-Peau.
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La peau est le plus souvent associée à l’esthétique, l’apparence : avoir une belle peau est dans notre société presque un « devoir ». Pour s’en persuader, il suffit d’ aller faire un tour dans les rayons de cosmétiques et faire le bilan de tout ce qui nous est proposé pour améliorer cette apparence  : antirides, anti rougeurs, anti-sébum, anti-acné, anti-UV , anti-transpiration, dépilatoire, hydratant, émollient, tonifiant, peeling…et j’en passe…il y en a pour tous les goûts et pour tous les genres , le tout assorti de promesses tout aussi miraculeuses qu’irréalistes d’un résultat qui nous permettra enfin d’assumer le look que nous « méritons » (rappelons nous quand même encore une fois : « parce que je le vaux bien » ). Rien d’étonnant dans la société dans laquelle nous vivons que l’accent soit ainsi mis sur ce que l’on montre à l’autre, ce sur quoi il nous juge, ce qui l’attire ou le repousse. On sait par ailleurs à quel point la couleur de peau a été et est encore une source de ségrégation. Et on comprend alors comment les « maladies de peau », celles qui nous marquent de traces parfois vécues comme honteuses ou repoussantes peuvent devenir un calvaire pour celui ou celle qui en est affecté.

Tout ceci tend à faire oublier que bien au-delà de cet aspect narcissique, la peau n’est rien moins qu’un organe vital, un des organes les plus importants tant par sa surface que par son poids (environ 2m2 pour 16% du poids total de l’individu), qui a un rôle majeur tant dans la protection du corps, que dans sa contenance, son immunité, sans parler du rôle d’échange intérieur/extérieur (dont témoigne la fonction de régulation de température par la sudation entre autres), et enfin du rôle qu’elle tient dans la sensorialité avec les multiples terminaisons nerveuses dont elle est pourvue. On connait moins sa relation avec le cerveau, avec lequel elle partage un certain nombre de neuromédiateurs, dont la sérotonine (dont le rôle est impliqué dans la dépression, le sommeil, le stress, etc.), les troubles de la sécrétion de ces neuromédiateurs étant alors potentiellement responsables tout autant des perturbations psychiques que des différents troubles cutanés tels qu’inflammation, l’hyper séborrhée, etc (cf. Pommey-Rey, 1999). A rajouter à ceci que la peau et le système nerveux sont issu du même système embryonnaire : l’ectoderme.

Depuis longtemps, on a eu l’intuition qu’une perturbation psychique pouvait être à l’origine d’un problème cutané, tel l’eczéma, la pelade, etc… En effet on a tous eu l’occasion de voir ou d’entendre parler d’une éruption cutanée, ou un quelconque phénomène de ce type suite à un deuil, une mauvaise nouvelle, voire une simple contrariété. A partir de là, je vous propose de faire un petit tour (très partiel) de ce qui, de ci, de là, a pu se dire au sujet de la psychosomatique des troubles cutanés :

- Pour Pommey-Rey, l’évènement déclenchant d’une dermatose serait du registre de la perte. Deuils, séparations, ruptures, s’inscriraient alors sur notre peau comme un rappel d’une détresse précoce vécue à l’occasion d’une séparation première.

- Pour Anzieu, (1995) , « La réaction de l’enfant sous forme d’eczéma peut être soit une demande adressée à la mère pour l’inciter à le toucher plus souvent, soit un mode d’isolement en ce que par l’eczéma, l’enfant se procure lui-même dans le domaine somatique les stimuli que la mère lui refuse. ». Ce même auteur postule des relations étroites entre les affections cutanées et les failles narcissiques à l’origine d’un moi insuffisamment structuré (donc au final des carences ou des distorsions dans la relation première mère-enfant). Ce même auteur voit d’ailleurs dans l’asthme et l’eczéma une même manière de tenter de se sentir exister dans une limite, soit par l’extérieur (eczéma), soit par l’intérieur (en se gonflant d’air).

- Pour P Marty (Ecole de Psychosomatique de Paris) : « L’allergique a un désir unique et capital : se rapprocher le plus possible de l’objet jusqu’à se confondre avec lui », l’objet en question étant bien sûr en dernière analyse la mère idéalisée. C’est ainsi que Marty définit une « structure allergique » dans laquelle le symptôme surviendrait soit à cause de la disparition de l’objet (fusionnel/identitaire), soit à cause d’un changement qualitatif de cet objet du fait qu’il acquiert par exemple une qualité à laquelle le patient ne peut s’identifier (donc qui fait séparation, écart avec lui ), soit encore quand survient un conflit entre deux objets également investis. De manière plus générale, pour l’Ecole Psychosomatique de Paris, l’origine de la somatisation est à rechercher bien moins dans une « cause déclenchante » que dans la déficience de l’élaboration mentale et des systèmes de défenses due à un manque de structuration du moi, en raison des défaillances ou des distorsions des réponses de l’environnement premier aux besoins du nourrisson, et ceci ne concerne pas que les somatisations de la peau, mais l’ensemble des somatisations.

- Voici par ailleurs et dans le même ordre d’idées un extrait du « journal des Psychologues » (n° 287/2011) relatant les résultats d’une étude menée sur 28 familles d’enfants souffrant d’eczéma, comparées à 28 familles-témoin : «  Les résultats montrent que ces familles à dermatite présentent un fonctionnement particulier : d’abord, elles ont tendance à l’utilisation de mécanismes de défense liés à l’inhibition et à la pensée opératoire. Le concept de pensée opératoire a été élaboré par Pierre Marty (1980) afin de caractériser le fonctionnement psychique des patients atteints de maladies psychosomatiques, l’eczéma étant classé comme tel avec l’asthme et d’autres dermatoses. Pour ces sujets dits « psychosomatiques », il y a une défaillance des capacités de fantasmer, liée aux processus du préconscient, laissant le sujet dans une communication sans affect et sans émotion. Il parle alors de « défaut de mentalisation. » Cette fantasmatisation, dans l’économie psychique individuelle, est une mise en représentation des pulsions inconscientes et du vécu affectif, c’est une activité de symbolisation. Ces patients n’ont pas de vie fantasmatique, il n’y a aucune mise en scène du vécu affectif, aucune conflictualité psychique, ce qui permet d’éviter et de mettre à distance tout affect douloureux susceptible de fragiliser le sujet. Notre étude a montré que ce mode de fonctionnement opératoire s’étend à l’ensemble du groupe familial de l’enfant eczémateux. En comparant avec le groupe témoin, la situation projective révèle que ces familles d’enfants malades ont tendance à tout rationaliser et à éviter toute expression d’affects. Les échanges familiaux restent pauvres et sans émotion. »

- Pour Spitz, l’eczéma du nourrisson serait due tout autant à une prédisposition à l’hyperexcitabilité de la peau qu’à une particularité de la relation mère/ enfant dans laquelle cette dernière aurait des difficultés à toucher son enfant de manière naturelle et spontanée, en raison parfois d’une ambivalence manifestée par une hostilité déguisée en anxiété.

- Jaeger quant à lui relie l’irritation chronique d’une zone de la peau à un besoin de renforcer au travers de la membrane du corps la personnalité toute entière et montre comment un défaut de maintien et de contenance maternels peuvent être à l’origine de problèmes cutanés.

Ces quelques exemples laissent d’ores et déjà apparaître le parallèle existant entre faille psychique précoce et faille somatique, ici, plus particulièrement en dermatologie. Mais c’est Didier Anzieu qui a le mieux conceptualisé cette relation au travers de la métaphore de ce qu’il appelle le « Moi-Peau » et qu’il définit comme une « figuration dont le Moi l’enfant se sert pour se représenter lui-même comme Moi contenant les processus psychiques par analogie à la peau contenant le corps ».

A l’origine de ce Moi –Peau se retrouvent les soins maternels qui enveloppent littéralement le Moi de l’enfant, tel un film protecteur qui prend la relève de l’enveloppe protectrice utérine. Encore faut-il que ces soins maternels soient « suffisamment bons » dans leur qualité (je vous renvoie pour plus de détails au bulletin125, janvier 2013 « Un bébé ça n’existe pas »). Ainsi le Moi-Peau va se constituer à partir des expériences sensorielles vécues au niveau de la peau par le nourrisson, sensations ultérieurement intériorisées qui contribueront à assurer un sentiment de base de confort, d’intégrité corporelle, et de différenciation, dedans/dehors dans la mesure où les soins ont été suffisamment en adéquation avec les besoins du bébé. Ce n’est que dans ce dernier cas que le bébé pourra acquérir les 3 croyances de base qui lui assurent un plaisir de vivre suffisant : la croyance en sa continuité d’existence, sa croyance en son identité, et la croyance en un fonctionnement naturel de son corps. Si l’environnement ne s’adapte pas suffisamment bien aux besoins du bébé, voire se montre toxique, il y aura dissociation protectrice psyché-soma pouvant ouvrir la voie aux troubles psychosomatiques entre autres.

C’est donc en particulier, dans le contact peau à peau, que l’enfant va naître à la conscience de lui-même, et tout d’abord dans le fantasme d’une « peau commune » avec la mère. Cette peau commune possèderait deux feuillets : l’un externe correspondant à la « peau de maternage », l’autre interne correspondant à la peau du bébé. Progressivement ces deux feuillets vont être amenés à s’écarter, l’enveloppe externe de soins devenant intériorisée, et jouant alors le rôle d’ « enveloppe de signification », enveloppe du monde interne, des contenus psychiques (monde de pensées, d’images et d’affects), l’enveloppe jadis interne, la peau du bébé, devenant dès lors enveloppe externe. Ce décollage se fait sous l’influence de ce qu’Anzieu nomme le « double interdit du toucher » : un premier interdit dit « primaire » serait manifesté à l’enfant par sa mère au travers des successives mises à l’écart de l’enfant (qui est repoussé du sein, puis déposé dans son lit…) et signifierait l’interdit de retour à la fusion dans le sein maternel, donc l’obligation d’une existence autonome, un second, dit « secondaire » qui s’adresserait plus particulièrement à la pulsion d’emprise en établissant qu’on ne peut toucher à tout, s’emparer de tout, être maître de tout.

Nous laisserons de côté les dernières élaborations d’Anzieu sur les enveloppes psychiques et le cheminement du Moi-Peau ou Moi-Pensée pour nous centrer sur les huit fonctions qu’il attribue au Moi-Peau par analogie aux fonctions de la peau :

- Une fonction de maintenance ou de consistance du psychisme qui dépend de la manière dont l’enfant a été tenu, maintenu, porté physiquement et psychiquement, lui conférant une cohésion et une stabilité interne. C’est l’intériorisation de ce « holding » qui assurera cette fonction d’objet support interne faute duquel résidera au centre de soi la sensation d’un vide tel qu’on le retrouve dans les écrits de Pascal, les tableaux de Bacon, ou la peau remplie de substance liquide qu’Anzieu donne pour modèle du corps de l’alcoolique.

- Une fonction de contenance : C’est la contenance des contenus psychiques (affects, pensées, excitation, etc..), la peau comme « sac ». Cette fonction s’étaye sur le « handling » ou la manière dont la mère prodigue les soins mais aussi la manière dont elle répond et contient les émotions du bébé par ses réponses gestuelles et vocales, l’enveloppe vocale (sonore) doublant l’enveloppe tactile. Ce Moi-Peau, écorce contenant les pulsions, donnera le sentiment de continuité de soi. Faute d’une telle fonction bien établie pourront naître deux types d’angoisse : celle d’une excitation pulsionnelle diffuse cherchant un contenant, une écorce de substitution, parfois dans la douleur physique, parfois dans l’angoisse psychique, on pense d’emblée à toutes les recherches de sensations extrêmes…soit encore on aura un « Moi-passoire », sorte d’enveloppe trouée laissant fuir les contenus (pensées, souvenirs…) laissant place à un véritable « vidage », en particulier de l’agressivité en tant que moyen d’affirmation de soi.

- Une fonction de pare-excitation ou fonction de constance : Là encore on sait à quel point la mère est le premier pare-excitation de l’enfant, lui permettant d’éviter le traumatisme de trop fortes charges d’excitation externes et internes que son Moi immature ne pourrait gérer. Des carences à ce niveau sont à l’origine d’angoisses d’intrusion et d’angoisses persécutives de toutes sortes, allant de la persécution réelle (intrusion, vol ou imposition de pensées) au sentiment d’être transparent, de ne rien pouvoir garder pour soi-même. Il en découle aussi l’angoisse de perdre l’objet qui tient lieu et place de pare-excitation. Un manque de cette fonction pare-excitante pourra déboucher sur des conduites toxicomaniaques, sorte de barrière entre le Moi et les stimuli externes ou encore la création d’une « doublure », seconde peau protectrice, faite de tensions musculaires (Bick) ou d’une cuirasse caractérielle (Reich).

- Une fonction d’individuation : ou le sentiment d’être chez soi dans sa peau psychique personnelle, d’être unique également, d’avoir une identité, ce qui évite les sentiments de dépersonnalisation et d’étrangeté à soi même, menace pesant sur l’identité par abaissement du sens des frontières du Moi.

- Une fonction de correspondance inter sensorielle : due à la liaison des différents sens entre eux, les différentes sensations perçues pouvant alors se regrouper en un tout cohérent. La carence d’une telle fonction peut donner lieu à une angoisse de morcellement, de démantèlement, de fonctionnement anarchique des sens.

- Une fonction de recharge libidinale du fonctionnement psychique : c’est en effet grâce au contact avec la mère que l’enfant éprouve pour la première fois le sentiment d’exister qui le suivra même lorsqu’il existera en tant qu’être séparé (sans être pour cela détruit). Ceci implique une certaine régulation de la tension et un maintien d’un seuil minimal d’excitation. La carence d’une telle fonction pourra donner lieu tout autant à des angoisses d’ « explosion » de l’appareil psychique par surcharge d’excitation qu’à l’ « angoisse du Nirvana » ou réduction au niveau zéro des tensions que l’on peut retrouver dans certaines insomnies chroniques et rebelles d’endormissement.

- Une fonction de signifiance qui permet l’inscription des traces sensorielles et évite la confusion en permettant de donner du sens aux expériences vécues. Cette fonction s’étaye sur l’ « object presenting » ou la manière dont la mère présente le monde à l’enfant. La carence de cette fonction débouche sur l’angoisse de voir ces inscriptions s’effacer ou encore l’angoisse de voir apparaitre à la surface de la peau des traces infamantes (rougeurs eczéma) provenant du Surmoi.

A noter qu’Anzieu postule une pulsion d’attachement à l’œuvre au tout début de la vie, soit une pulsion d’autoconservation qui se constitue à partir du besoin d’être protégé, soutenu, afin d’éviter la détresse  originaire. C’est au service de cette pulsion que le Moi-Peau va se mettre, et ce n’est qu’une fois que celle-ci sera satisfaite qu’il se constituera en fonction des pulsions érotiques. L’objet de cette pulsion est le Moi- Peau maternel, dont l’intériorisation permettra la formation du Moi Peau propre au bébé.

Initialement Anzieu avait postulé une fonction supplémentaire, celle d’autodestruction qu’il met au service de la pulsion de mort et en rapport avec les phénomènes de maladies auto-immunes dans lesquelles le système immunitaire attaque le Soi comme s’il était le non Soi, ou encore la structure allergique dans laquelle existe une inversion des signaux de danger et de sécurité, l’allergique, à l’instar du toxicomane ayant alors tendance à fuir ce qui peut lui faire du bien et rechercher ce qui lui est nocif.

A partir de cette métaphore, on peut voir imagé ce que chacun pressent intuitivement : si le corps est bel et bien notre « maison », l’habitat dans lequel loge notre psychisme, son aménagement, son mobilier qui figure notre monde interne, donc au final la manière dont on va s’y sentir et y vivre, dépend essentiellement de notre histoire précoce, au cours de laquelle notre psychisme s’est construit. De là un lien direct avec les failles, les angoisses et les carences de cette histoire, qui auront d’autant plus tendance à emprunter la voie psychosomatique qu’elles sont non mentalisables en raison même de l’époque précoce de leur survenue.

Mais la voie somatique n‘est pas la seule affectée, les failles du Moi-Peau pouvant tout autant se situer dans d’autres troubles et d’autres structures pathologiques, en particulier :

- Les structures narcissiques dont le trouble serait celui de la cohésion de soi trouvant leur origine dans des blessures narcissiques précoces. Le Moi-Peau normal n’entoure pas la totalité de l’appareil psychique et présente entre ses deux feuillets un écart laissant place à un jeu qui lui confère une certaine souplesse. Cet écart est grandement diminué, voire supprimé chez les personnalités narcissiques qui veulent « se suffire de leur propre enveloppe » sans garder le contact à l’autre, de crainte que cette peau commune (ou du moins interface de contact) les renvoient à une dépendance qu’ils supportent d’autant moins bien que c’est justement là que réside leur fragilité. C’est contre cette fragilité qu’ils se défendent en réduisant cet écart jusqu’à ne plus faire qu’une seule peau (la double enveloppe narcissique), confondant stimuli externes et excitation interne, image donnée et image renvoyée par l’autre. Cette double enveloppe devient le centre d’intérêt majeur du narcissique, lui apporte sa certitude, sa suffisance, mais rigidifiée à l’extrême elle est détruite, se déchire à la moindre blessure narcissique ; c’est le cas de ces personnes autosuffisantes dans leur superbe, qui sont anéantis ou entrent dans une rage extrême dès qu’ils sentent un signal de désapprobation dans l’entourage. Mais ils ont aussi comme moyen de défense la possibilité de doubler cette peau d’une peau maternelle symbolique, afin de se constituer une enveloppe brillante, idéale, donnant l’illusion d’être invulnérable et immortel. C’est la « peau bouclier » telle qu’on la trouve dans la mythologie grecque, avec l’histoire de Zeus, qui après avoir échappé à la dévoration par son père (Cronos), est nourri du lait de la chèvre Amalthée. Une fois cette dernière morte, il se revêtira de sa peau comme armure d’invulnérabilité.

- Les états limites quant à eux souffrent d’un trouble plus invalidant que les narcissiques, celui du sentiment de continuité de soi. Ceci est du à un Moi-Peau altéré dont les deux feuillets sont également collés, mais dont en plus la surface est tordue comme un anneau de Moebius (ce qui ne concerne que les états limites pour Anzieu).De là viennent les troubles de la distinction entre le dedans et le dehors, une partie de la perception-conscience qui devrait normalement se trouver à l’interface dedans-dehors étant rejetée à l’extérieur, d’où vient ce sentiment d’être observateur extérieur et non impliqué de sa propre vie . Toutefois, ce n’est qu’une partie, la partie restante étant suffisante et suffisamment adaptée pour éviter la psychose. On trouve chez eux également une difficulté majeure à contenir les affects qui les fait migrer du centre vers la périphérie, le contenu ayant alors tendance à se comporter en contenant. La place centrale quant à elle, désertée est alors envahie d’un sentiment de vide, à moins qu’elle ne soit remplie par la présence imaginaire d’un objet idéal (amour passion, gourou, idéal, etc…).

Pour conclure, je vous laisserai vous-même vous faire une opinion sur ce que l’on peut attendre des bienfaits de la sophrologie sur le Moi-Peau, en citant un passage du livre « Le Moi-Peau » consacré à ce qu’Anzieu appelle l’ « enveloppe sonore », sachant que le premier univers dans lequel le bébé est immergé est un univers de sons , univers de sons anarchiques sur la toile de fond duquel peut se développer une mélodie plus douce et harmonieuse qui l’enveloppe, celle par exemple des berceuses ou des paroles apaisantes de la mère :
« Parallèlement à l’établissement des frontières et des limites du Moi comme interface bidimensionnelle étayée sur les sensations tactiles, se constitue le Soi par introjection de l’univers sonore (et aussi gustatif et olfactif) comme cavité psychique préindividuelle dotée d’une ébauche d’unité et d’identité. Associée, lors de l’émission sonore, aux sensations respiratoires qui lui fournissent une impression de volume qui se vide et se remplit, les sensations auditives préparent le Soi à se structurer en tenant compte de la troisième dimension de l’espace (l’orientation, la distance) et de la dimension temporelle. »

Et c’est sur cette citation que je vous quitte, non sans vous donner rendez vous dans un mois pour un autre thème.

Très cordialement

Martine Massacrier
martine@adps-sophrologie.com




Envoyé le 26/03/2014

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