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130 : Le "mouton humain" (Abrezol)

martine

Bulletin 130 ; Avril 2013
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Du « mouton humain » (Abrezol)
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Imaginons une entreprise ou une administration fictive ( ?) dans laquelle le personnel est en nombre insuffisant pour faire face à la charge de travail. Les conséquences de ce type de situation sont connues : les retards, les erreurs, les dysfonctionnements, bientôt suivis de conflits internes, de démotivation (avec son lot d’arrêts de travail qui vient aggraver le problème), etc. Le problème devient « visible » (c’est important, car tant qu’il ne l’était pas c’était moins grave !).Les hauts responsables vont alors s’en saisir et pointer du doigt, justement ce qui se voit, à savoir les divers dysfonctionnements. Mais au lieu d’en rechercher la cause profonde, leur premier objectif sera de les faire cesser, et ce bien sûr dans les plus brefs délais. On va donc prendre ces dysfonctionnements un par un et trouver « techniquement » le moyen de s’assurer que ceci ne puisse plus se produire. Une erreur de transcription de la secrétaire ? Qu’à cela ne tienne, on va inaugurer un système de contrôle qui fait qu’aucun document ne sortira sans l’aval du chef de service. Une erreur de procédure ? Désormais toutes les procédures seront codifiées et répertoriées dans un « cahier des procédures » que chacun, sous peine de sanction, se devra d’appliquer à la lettre. Fini donc le « savoir faire » qui faisait gagner du temps, chaque étape sera désormais codifiée, et dûment validée par celui ou celle qui l’effectuera qui devra consigner dans un registre l’heure et la date de son acte. Mais bien sûr comme on est une entreprise démocratique rien ne sera fait sans l’accord des principaux intéressés, les employés eux-mêmes, qui seront donc conviés à une série de réunions pour en discuter, d’ailleurs d’autres réunions seront prévues par la suite pour faire un bilan complet des avancées de ces réformes. Et bien sûr comme il faut bien quelqu’un pour superviser tout cela, on va embaucher un Directeur de la Qualité (ami de Truc Machin Chose , lui-même grand ami du Directeur) qui recevra le salaire conséquent du à ses hautes responsabilités et bien sûr des assistants pour l’aider dans sa tâche . Je vous laisse imaginer la suite, et le résultat de l’alourdissement de la charge de travail consécutif à toutes ces procédures. Il n’est même pas sûr que la notion de  profit soit à l’origine de ces décisions, tant les dépenses inhérentes aux « réformes » mises en place et aux futurs dysfonctionnements prévisibles risquent de coûter au moins aussi cher qu’une embauche ou deux de « personnel de base ». Nous nous contenterons donc de dire que ce mode de gestion est « dans l’air du temps ».

Dans « l’air du temps », car loin de ne concerner que le monde du travail il infiltre notre vie toute entière qui se voit ainsi soumise aux diktats des procédures, et à la normalisation des comportements y compris dans la sphère la plus intime.

Quittons le monde du travail pour rejoindre celui de la santé et plus spécifiquement celui de la santé mentale. Tout psychiatre se doit de se référer au Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM). La traduction de ce titre est Manuel Diagnostique et Statistique des Désordres Mentaux. Bien, c’est une bonne chose que tout le monde puisse avoir une référence commune pour ses diagnostics et parler le même langage. Sauf que le DSM devient, au fil de ses mises à jour successives, un dictionnaire de symptômes isolés, en dehors de toute référence à une quelconque structure mentale de l’être humain porteur de ces symptômes. Ceci, officiellement pour se dégager de toute approche théorique (comprendre par là de l’approche psychanalytique qui ne se marie pas forcément bien avec les intérêts des puissantes industries pharmaceutiques). Le problème est que la principale caractéristique des critères de ce type est d’être révisables et ce, pas seulement en fonction des avancées de la science ! Voici ce qu’en pense Roland Gori (« La fabrique des imposteurs » édité aux éditions « Les liens qui libèrent », janvier 2013) : « On voit à l’évidence la porosité des diagnostics psychiatriques aux préjugés culturels de ceux qui les posent. Il y a en psychiatrie une flexibilité des normes fortement liée à la manière de voir le monde. Lorsqu’en 1980 l’homosexualité auparavant classée comme trouble du comportement sexuel est retirée du DSM, des millions de gens passent du statut de malade à celui de bien portant. Par contre, quand la révision du DSM-IV en 1994 ajoute aux troubles dépressifs sous le nom de ‘syndrome dysphorique prémenstruel’, la tendance des femmes à être d’humeur triste avant leurs règles, des millions d’entre elles deviennent potentiellement malades. Entre 1979 et 1996 en France on a diagnostiqué sept fois plus de dépressions qu’avant, non parce qu’il y avait sept fois plus de gens qui déprimaient, mais parce qu’on avait élargi les critères de diagnostic de telle sorte que sept fois plus de personnes y répondaient. »

Pour en finir avec le monde de la santé mentale, on peut encore évoquer une réforme qui a fait couler beaucoup d’encre, celle de la protection du titre de psychothérapeute. Partant d’un constat lucide : un grand nombre de psychothérapeutes sont « autoproclamés », c'est-à-dire usurpent un titre sans avoir la moindre compétence pour exercer dans le domaine de la santé mentale, on s’occupe de protéger le titre, et seulement le titre, sans jamais avoir défini ce qu’était dans le fond une psychothérapie. Après moult décrets et révisions, et face aux ridicules impasses dans lesquelles tombaient le projet : donner à un chirurgien orthopédique le droit d’exercer en tant que psychothérapeute sous couvert de sa formation médiale, désavouer puis reconnaitre dans un second temps la compétence des psychologues à exercer, ce métier…on se trouve face à des critères purement formels tout autant qu’inutiles, car les « charlatans » visés au départ n’ont qu’à modifier légèrement l’appellation pour continuer sereinement leur pratique !

On constate donc une sorte de folie de la normalisation qui échoue pitoyablement dans ses objectifs, dans la mesure où elle se cantonne à l’apparence en négligeant l’essence, au détail en négligeant le tout, à l’effet en méconnaissant la cause.

Alors puisque la norme est toute puissante, peut-être faut-il s’y intéresser de plus près et ne pas tomber dans les travers que l’on critique ici en se cantonnant aux effets. Car la norme a ses lois : il y a d’abord le profit, qui résume et centralise beaucoup de choses et alimente beaucoup de conflits qui voudraient se faire passer pour éthiques. Qui dit profit dit rentabilité, qui dit rentabilité dit performance. Mais qui dit profit dit aussi nécessiter de consommer, donc de vendre, donc de s’assurer du « bon vouloir » du consommateur. Pas étonnant alors si la norme sociale de rigueur est d’être jeune beau, actif, rentable, épanoui (selon les règles prédéfinies par la consommation, pas intérieurement épanouis, je vous rassure), sportif, et surtout….HEU-REUX ! Heureux car la tristesse n’a pas droit de cité dans le tableau, ça fait tâche, et puis c’est « contre-performant » ! Alors à grand coup de publicité, on vous inculque le modèle à suivre, vous culpabilisant au passage si vous avez l’audace d’être différent, tout en profitant de l’occasion pour vous vendre ce qui va vous permettre de vous « normaliser ». Et ça marche….ce qui a conduit en son temps le Dr Raymond Abrezol, auteur de nombreux ouvrages traitant de la sophrologie à parler du « mouton humain » [« L’anti mouton humain » (1976) ; « Sophrologie et évolution, demain l’homme » (1998)].

Mais si ça marche si bien, c’est que ces normes ne sont pas imposées par la force mais par la manipulation visant à une « soumission librement consentie » telle que définie par Joules et Beauvois. Il s’agit que l’homme soit non seulement consentant mais demandeur des chaînes qui l’entravent. Pour cela il y a des techniques éprouvées, en voici quelques unes :

- La soumission à l’autorité : magistralement démontrée par les expériences de Milgram (où on faisait administrer des décharges électriques potentiellement mortelles (fictives bien entendu) à d’autres êtres humains sous couvert de l’aval d’une blouse blanche et de l’expérimentation scientifique). Pour R Gori, l’autorité d’aujourd’hui c’est l’expertise, les nombreux experts en tout genre dont l’autorité et la compétence ne saurait être contestée et qui à grands coups de chiffres, pourcentages, statistiques (dont on sait que selon comme elles sont manipulées elles peuvent donner des résultats très différents), sondages d’opinion, etc…nous assènent des vérités indiscutables auxquelles nous ne saurions que nous ranger. Le terme « scientifiquement prouvé » est aussi très porteur : amusez vous à regarder les publicités sur les cosmétiques et à compter le nombre de fois où les « résultats scientifiques » apparaissent pour crédibiliser des images justement…peu crédibles !

- Le conformisme : mis en évidence par Ash dans une expérience où les sujets devaient comparer une ligne d’une certaine longueur à 3 autres lignes qui leur étaient présentées. Après avoir vérifié qu’ils étaient effectivement capable de donner de bonnes réponses, les sujets se sont vus soumis à la pression du groupe majoritaire (des « complices » donnaient sciemment et unanimement une mauvaise réponse avant que le sujet « naïf » ait à se prononcer). Près de 40% des sujets « naïfs » en sont arrivés à nier ce que leurs sens leur disaient pour se conformer à l’opinion majoritaire.

- L’intérêt : A aucun moment il n’est question d’imposer quelque chose, mais de vous proposer un avantage quelconque : une promotion, la beauté, la jeunesse éternelle, la santé, etc.

- La sécurité : La prévention médicale, bien sûr qui médicalise nos vies et nos conduites, mais aussi la sécurité dans la cité : personne ne voudrait voir bruler sa voiture n’est-ce pas ? Qu’à cela ne tienne, on va faire de la prévention de la délinquance, et ce dès le plus jeune âge. Un enfant trop peu conforme, asocial, dès 3/4 ans se verra coller l’étiquette de « futur délinquant potentiel ». Merci à l’association « Pas de zéro de conduite » de nous avoir épargné ça ! Amusant tout de même que ce soit justement Mr Sarkozy qui soit à ce jour mis en examen pour « abus de faiblesse ». La présomption d’innocence s’impose bien entendu…

- Le bouc émissaire : vieux comme le monde, c’est toujours sur son dos que l’unité des « gentils » s’est renforcée, nous n’en manquons pas !

- L’illusion : l’illusion d’un bonheur sans faille, non seulement accessible à tous, mais un devoir pour tous. Plus de place à la tristesse, la fatigue, la contre performance, la dépression…surtout depuis que la science a découvert la « pilule du bonheur ». C’est ce discours séducteur, véritable promesse électorale qui joue sur notre peur la plus profonde : celle de la mort, avec ses corollaires : vieillesse, maladie,tristesse, etc. Autant de choses dont on nous protègera si nous sommes sages !

Bien, on ne va pas démonter toutes les « ficelles » de la communication détournée que nous subissons tous les jours, simplement noter qu’on va vers toujours plus de normalisation et de lavage de cerveau. Sans entrer dans un débat politique stérile, car le problème n’est pas là, il est bien plus large, je noterai pour ma part qu’on enlève petit à petit à l’humain son humanité pour le stéréotyper et en faire un robot docile. C’est de clonage psychologique dont il est question, et il est bon de rappeler que conformité et humanité ne font pas bon ménage.

La vie se construit sur une illusion nécessaire qui consiste à ignorer que nous sommes avant tout mortels, et que la mort a d’ores et déjà gagné la partie dès l’instant de notre naissance. C’est ce qui fait le tragique du destin humain : rien n’est fait pour durer y compris le plus parfait des bonheurs. C’est cette hyperlucidité qu’a le mélancolique de sa condition humaine, mais il n’est pas bien sûr question de prôner cette lucidité comme un idéal, loin de là, car en effet avec l’omniprésence de ces pensées, à quoi bon vivre, à quoi bon se lever le matin, aimer, avoir des enfants, etc.. Donc un certain déni de la mort est salutaire pour donner le goût de vivre et l’envie de continuer à profiter des plaisirs de la vie, et en supporter les désagréments. Toutefois un déni poussé trop loin devient pathologique en cela qu’il nie l’essence même de l’homme, sa singularité qui est justement de se savoir mortel. Mais parfois, sans pour cela être mélancolique, ce goût de vivre n’est plus là, l’horizon se bouche et le « carburant vient à manquer : c’est la dépression. Malgré les apparences, je ne m’éloigne pas de mon sujet, je veux justement en venir au travers de cet exemple de la dépression à deux manières de traiter l’humain : celle qui est dans l’ « air du temps » et celle qui ne l’est plus :

Je me réfèrerai pour cela au livre de P Fédida : « Des bienfaits de la dépression ». Un titre provocateur évidemment : associer bienfait et dépression paraît au premier abord choquant : quel bienfait peut-on tirer d’un état aussi pénible ? C’est ce que je vous propose de voir. Je ne prétends pas faire la synthèse d’un ouvrage complexe tant dans sa pensée que dans ses implications, mais je ne crois pas trahir la pensée de l’auteur en schématisant ainsi les deux regards qui peuvent se porter sur l’état dépressif :

- La dépression est une maladie, un « accident de vie » qui n’aurait pas du arriver. On en connaît les composantes biochimiques, on a les médicaments qui vont agir de manière efficace sur ces composantes et réadapter rapidement le « malade ». On va lui rendre sa capacité d’agir, le « désinhiber » de telle sorte qu’il puisse reprendre sa place et jouer son rôle comme si rien ne s’était passé. Alors effectivement pourquoi s’interroger plus avant ? Un discours qui ne peut que séduire, c’est bien naturel. Ceci va épargner de la souffrance inutile, du temps perdu, éviter de se confronter à des causes dont on se doute qu’elles ne doivent pas être très agréables et « guérir ». Sauf que beaucoup de ceux qui ont pris de telles médications se plaignent (et en arrivent parfois à interrompre brutalement le traitement) que les résultats ne sont pas à la hauteur de leurs attentes : si la capacité d’agir et de faire face aux situations de la vie est bel et bien restaurée dans la plupart des cas, ils se plaignent essentiellement de ne plus « être eux-mêmes », d’être comme « coupés de leur expérience » : ils arrivent à faire les mêmes choses qu’avant mais pas comme avant. Pour Fédida ce phénomène est du au fait qu’on ne peut, en cas de dépression, parler d’une simple inhibition de l’action, dans le sens d’une incapacité à faire les choses, auquel cas effectivement il suffirait de lever l’inhibition pour rétablir la situation. Il y a pour lui un « engendrement temporel de l’action », c’est ce qui fait qu’une action en entraîne une autre, ouvre d’autres horizons, s’inscrit dans un projet et entraîne un certain plaisir d’agir dans cet enchaînement d’actions liées les unes aux autres, ce qui fait la « rhapsodie de la vie ». Il ne suffit dès lors pas de retrouver la capacité d’agir, mais bien ce « goût » de l’action, cette envie d’agir et le plaisir qui l’accompagne, et qui vient très en deçà de l’action en elle-même du fonctionnement psychique qui la sous tend.

- La deuxième optique est, comme P. Fedida, de voir en la dépression la « maladie de l’humain », une maladie qui affecte la temporalité, qui « gèle » les affects, et affecte tous le psychisme tant dans l’action que dans la représentation, le langage, le fantasme et même la communication avec autrui. Mais surtout une « maladie » qui a un rôle à jouer dans l’équilibre psychique, un rôle protecteur quand les contraintes et les excitations en provenance de l’intérieur du psychisme comme de l’extérieur menacent de déborder les capacités psychiques à les intégrer. Il y aurait donc là une sorte de « gel du vivant » qui va devoir être réanimé, mais qui pour cela a essentiellement besoin de temps. Le temps du dégel pourrait-on dire, un dégel qui ne peut se faire qu’au contact d’un autre, tout comme le psychisme initial n’a pu émerger qu’étayé par l’environnement. Un temps qui est propre à chaque individu et qui se doit d’être respecté pour que la guérison (ou l’auto guérison) vienne de l’intérieur même du psychisme. Promouvoir une réadaptation trop rapide, reviendrait alors à « forcer la machine » et conduire l’individu à une fausse adaptation, une contrainte à s’adapter au détriment de la fonction de protection, et de régulation des changements que la dépression assume. D’où le sous titre de l’ouvrage « Eloge de la psychothérapie » (analytique) qui va permettre au patient de s’approprier ce qu’il ressent par le temps de parole qui lui sera accordé et l’écoute non intrusive de l’analyste qui laissera la place à ce travail pour se faire. Il n’est bien sûr pas question ici de faire le procès des antidépresseurs dont l’usage est parfois indispensable, et donc l’efficacité existe réellement, mais bien d’un usage abusif qui peut en être fait pour « tuer dans l’œuf »  une manifestation psychique inhérente à son fonctionnement, donc à l’être humain. On peut d’ailleurs faire le parallèle avec le processus du deuil normal : face à la perte, il y a une forme de dépression normale qui met le psychisme en berne pour lui donner le temps de se détacher de l’objet perdu et reprendre en quelque sorte l’énergie investie en lui pour la rendre à nouveau disponible pour de nouveaux investissements (« la vie continue »). Toutefois il faut pour cela passer par la tristesse, l’abattement et toutes ces « mauvaises choses » dont on aimerait bien faire l’économie. Bien sûr l’antidépresseur peut là encore s’avérer bien utile, et est d’ailleurs régulièrement prescrit, mais peut on éviter de faire un deuil, si ce n’est à risquer de devoir le faire plus tard, ou encore comme le souligne Racamier, devoir  le « geler » pour l’expulser ultérieurement chez quelqu’un d’autre, en général de la génération suivante ? Fédida va aussi dans ce sens quand il affirme que dans toute dépression, on retrouve un deuil évité qu’il appelle « mort inaperçue », perte ou rupture banalisée ou sous évaluée en son temps et qui revient réclamer son dû. En rapprochant l’approche de Fédida de celle de Racamier on est en droit de se demander à qui appartient cette « mort inaperçue » ? A soi -même ou à quelqu’un d’autre qui s’en est à l’époque bien tiré ?

Mais bien sûr ceci va totalement à ‘encontre de l’ « air du temps » et de son obligation de performance et de bonheur. Ce qui a fait dire à R Gori que si la psychanalyse est tellement attaquée de nos jours, c’est bel et bien parce qu’elle est dépassée…non pas comme disent ses détracteurs parce que les avancées de la science la rendent désuète, ou la ravalent au rang d’une philosophie, voire d’une croyance, mais bien parce qu’elle n’est plus adaptée au modèle social prôné comme idéal actuel.

Voilà…Il a beaucoup été question de santé psychique, un peu de politique, un peu de questions de société et partout on retrouve cette même manière de procéder qu’on pourrait résumer en disant « sauvons l’apparence, peu importe l’essence et que tout rentre très vite dans les rangs ». Le problème est que la grande victime, que ce soit de la gestion du monde du travail, du domaine de la santé publique, de l’éducation, ou autre, reste l’humain en l’homme qui se voit réifié (réduit à l’état de chose) au point qu’on n’a pas honte dans de nombreuses formations à apprendre aux gens à se « vendre »...comme un objet et en plus en être fier en cas de réussite !

Alors peut-être pourrait-on conclure avec un peu de sophrologie….Car la sophrologie est parfois prise comme un « antidépresseur ». Il est vrai qu’on l’associe (et la communication à son sujet il faut bien l’avouer n’y est pas pour rien) très souvent au terme « positiver ». Un terme qui mal compris peut très vite être interprété comme « éliminer le négatif de notre vie », promesse de bonheur rapide à la clef.  Il est alors peut être utile de rappeler que le premier rôle de la sophrologie est essentiellement d’entrer en contact avec soi-même pour y retrouver les ressources positives dont nous disposons, en aucun cas affirmer que nous sommes ou devrions être 100% positif. C’est la prise en compte de soi dans sa réalité vécue, dans sa vérité qui est la démarche préliminaire à toute transformation ultérieure, et retrouver l’humain en soi ne peut que favoriser l’épanouissement de ce que le Dr Abrezol appelle dans un de ses ouvrages dont c’est le titre : « L’anti-mouton humain ». Et je suis entièrement d’accord avec lui sur ce point, quand il préconise qu’il est inutile de tenter de faire bouger la masse, mais que c’est à chacun de retrouver sa liberté individuelle pour faire avancer les choses.

Très cordialement

Martine Massacrier
martine@adps-sophrologie.com

Envoyé le 26/07/2013

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