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129. Sectes, sophrologie et médecines douces

martine

Bulletin 129. Mars 2013
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Sectes, sophrologie et médecines douces
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En 1998, J.M Abgrall publie « Les charlatans de la santé » dont voici la copie de la 4° page de couverture :

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«Au fil de mes enquêtes sur les sectes, j'ai constaté que l'un de leurs meilleurs vecteurs de recrutement était représenté par les patamédecines, un terme tiré de la pataphysique d'Alfred Jarry, la science des solutions imaginaires. Certes, tous les praticiens de médecines parallèles ne sont pas liés aux sectes et il faut distinguer entre ceux de bonne foi et les charlatans véreux, mais la négation quotidienne de la rationalité a fait de nombreux patients des gogos extatiques. Si l'homéopathie en tant que telle ne peut être taxée de nocive, ni l'acupuncture quand les règles d'asepsie sont respectées, toutes deux peuvent retarder un diagnostic et un traitement. Mais il existe par ailleurs tout un bazar du bizarre, qui prospère d'autant mieux qu'un Français sur deux a recours aujourd'hui à une médecine "différente".
La peur de la maladie et de la mort sont-elles les seules raisons pour lesquelles on puisse donner sa confiance aux chantres de méthodes prétendument révolutionnaires ou aux défenseurs de traditions qui tiennent de la magie ? La crise du monde moderne est-elle en train de produire une nouvelle mystique de la médecine ?»
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Voici encore un extrait des propos du même J.M.Abgrall recueillis par A Cicco pour le journal l’ « Humanité » (12 novembre 1998) :

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  Dans son dernier ouvrage, "les Charlatans de la santé", le psychiatre Jean-Marie Abgrall compare les médecines parallèles à de la poudre de perlimpinpin et dénonce l'exploitation qui en est faite par les sectes.

Psychiatre et criminologue, Jean-Marie Abgrall est membre de l'Observatoire interministériel des sectes et expert auprès de la Cour de cassation. Auteur de "la Mécanique des sectes" , il consacre son dernier livre à l'émergence des médecines parallèles, vecteur de recrutement pour les sectes et les escrocs de tout poil.

Pourquoi cette dénonciation virulente des médecines alternatives?

J'ai commencé mes études de médecine en 1968. Après une spécialisation en psychiatrie, j'ai embrayé sur dix ans de formation supplémentaire afin, entre autres, d'explorer le champ des médecines alternatives. Lors de cette formation, puis dans ma pratique, j'ai testé l'acupuncture, la phytothérapie, l'iridologie et l'homéopathie. L'acupuncture fonctionne dans un secteur précis, la neurostimulation, connu de la médecine traditionnelle. Elle aurait cependant besoin d'être débarrassée du délire cosmique qui entoure sa pratique et dans lequel il est question du yin, du yang et de position du soleil. La phytothérapie marche bien, mais ses effets secondaires limitent sérieusement son utilisation. L'iridologie relève du délire total. Enfin, l'homéopathie n'est rien d'autre qu'un placebo. Je l'ai utilisée à ce titre durant vingt ans. Puis j'ai décidé d'arrêter, voilà dix ans.

Pourquoi?

J'ai d'abord constaté que les sectes recrutaient énormément dans le vivier des médecines parallèles. L'homéopathie représentait alors 90% du terreau de base. Ensuite, j'ai été amené à soigner un nombre important de malades, revenus des médecines "douces", parfois trop tard. J'ai vu ainsi des gens qui avaient perdu leurs chances de s'en sortir en abandonnant la médecine usuelle. Des charlatans les avaient convaincus de doctrines aberrantes. Dans la moitié des cas, un homéopathe était à l'origine de l'abandon de soins. A ce moment, j'ai décidé d'arrêter ces pratiques et de dénoncer l'existence d'un secteur parasite.
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Si j’ai tenu à retranscrire mot à mot ces propos, c’est pour éviter d’en donner une interprétation forcément partisane. Il paraît évident que l’auteur n’aime pas (ou plus ?) ce que l’on appelle sous le terme globalisant « les médecines douces » qu’il accuse d’être non seulement inefficaces mais dangereuses, pas forcément dans leur pratique en elle-même, mais dans la mesure où elles sont utilisées en lieu et place de la médecine conventionnelle. Selon lui les patients soumis à un traitement inefficace voient ainsi leur pathologie s’aggraver alors que pris à temps par une médecine « compétente » ils auraient eu des chances de guérir.

Il y a pour moi un dangereux amalgame fait entre escroquerie (sectaire ou non) et médecines douces.Tout d'abord dans le fait qu'elles se substitueraient au soin conventionnel ce qui reste une position extrêmiste et effectivement dangereuse, mais ne saurait être représentative de l'ensemble de ces pratiques.Par ailleurs, bien que J.M.Abgrall se défende de la généralisation et veuille bien admettre que les praticiens de ces techniques sont aussi des gens de bonne foi qui croient sincèrement à leur «délire », la tonalité générale des propos et l’argumentation implacable à laquelle ils se livre, sans compter le titre de l’ouvrage « les charlatans de la santé », de même que le voisinage entre certaines médecines comme l’homéopathie , les pratiques les plus farfelues et effectivement les plus dangereuses et les sectes avérées, fait qu’on referme son ouvrage avec l’intime conviction que tout ce qui n’est pas allopathique n’est qu’escroquerie sectaire ou au mieux folie douce.
Paradoxalement ce ne sont plus les sectes qui sont accusées d’usurper telle ou telle pratique pour leur devanture, mais les médecines alternatives qui entrainent de manière presque automatique le phénomène sectaire.

Alors certes, la sophrologie (qui n'est d'ailleurs pas une médecine) n’est pas citée en tant que telle dans l’ouvrage, mais bon…comment ne pas être éclaboussé par une telle publicité alors même qu’on est classé comme « soins hors d’un cadre conventionné » dans les annuaires et qu'on entend régulièrement ses élèves faire allusion à de tels propos qui leur ont été tenus quand on a appris qu'ils faisaient de la sophrologie?

Le problème est justement que M. Abgrall fait autorité en la matière et que son discours est repris par des organismes par ailleurs fort utiles et fort sérieux qui s’occupent de la prévention et de la lutte antisecte.

Ainsi peut-on lire sur le site de Prevensectes :
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Sophrologie :

Créée par le docteur Caycedo, cette technique se base sur l'hypnose et des pratiques orientales de relaxation (la méditation zen, le bouddhisme et le raja yoga). Elle est utilisée efficacement par certains sportifs de haut niveau. Dans les plus hauts degrés de sophrologie, la spiritualité est clairement présente, ce qui est souvent la porte d'entrée des sectes. (voir plus haut, le rapport de la MILS au sujet de la sophrologie)
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Et dans le rapport de 2001 de la MILS (Mission Interministérielle de Lutte contre les sectes) sur la formation professionnelle (texte intégral sur http://www.voltairenet.org/article7762.html):

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La sophrologie est source de nombreuses interrogations. On se bornera à constater que maintes offres de formation créent la confusion en proposant des titres tels que "sophrologue clinicien", "sophrologue de l’éducation et de la prévention" Ces appellations s’inspirent du titre de psychologue, titre dont la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 fixe l’usage, et qui peut être accompagné ou non d’un qualificatif, le plus souvent "psychologue clinicien", des notions d’éducation à la santé, et de prévention sanitaire. Or, les titres de "sophrologue clinicien", de "sophrologue de l’éducation et de la prévention" ne sont ni homologués ni reconnus.
Au nombre des débouchés commerciaux de la sophrologie, peuvent être recensées des formations de professionnels de santé, parfois des formations d’enseignants qui s’improvisent ensuite psychothérapeutes, des préparations à l’accouchement affichant une dimension spirituelle et des formations en entreprise.
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Là encore le problème se déplace…si certains professionnels de la santé « s’improvisent psychothérapeutes » après une formation en sophrologie,en général basique, est-ce la faute du formateur ? Lui a-t-il délivré un diplôme lui permettant d’exercer en tant que tel ?

Il semblerait aux vues de tout ceci qu’il y ait une sérieuse dérive, qui de la prévention antisecte devienne une véritable « chasse aux sorcières » contre tout ce qui n’a pas la bénédiction de la Faculté de Médecine, bien que de nombreux médecins et services hospitaliers reconnaissent l’apport de la sophrologie à laquelle ils font régulièrement appel.

Après avoir laissé une large place à l’ « accusation », j’en viendrai non pas à la défense, car je n’en éprouve nul besoin, mais à une tentative de clarification et d’information. Il est clair que dans la lignée de J.M.Abgrall, tout ce qui n’est pas médecine officielle sent le soufre et ne peut être que charlatanisme, donc homéopathie, acupuncture, médecines traditionnelles, sophrologie, voisinent avec le pire pour lui, qui n’hésite pas à sous entendre tout en s’en défendant que la malhonnêteté est quasi-omniprésente.

Je ne peux parler au nom de toutes les pratiques incriminées (donc toutes les pratiques alternatives dans leur ensemble !), je ne parlerai donc que de ce que je connais le mieux et me concerne au premier chef, la sophrologie pour tenter de répondre à la question « qu’est-ce que c’est ? ». Et comme le terme « sophrologie » est aussi sujet à caution entre sophrologues eux-mêmes, j’en serai inévitablement amenée à parler des sophrologies au pluriel dans la mesure où il existe plusieurs tendances qui parfois malheureusement s'affrontent, et pas toujours dans l'élégance, même si je tiens quand même à dire que ces affrontements se passent beaucoup plus dans les "hauts niveaux" que dans la réalité, sur le terrain, où le "sectarisme" avéré demeure quand même l'exception.

Pour mieux se situer il est nécessaire de revisiter même très succinctement l’histoire de la sophrologie depuis ses débuts :

La sophrologie est une discipline relativement récente puisqu’elle date de 1960, son fondateur étant le Pr Alfonso Caycédo, qui à l’époque travaille comme psychiatre dans un service où les traitements infligés aux malades mentaux sont de type électrochocs ou coma insulinique, traitements qui le choquent par leur inhumanité. Il va donc se mettre en quête d’une méthode de soins plus respectueuse de l’humain en se fondant pour cela sur le postulat que les maladies mentales sont essentiellement des altérations pathologiques de la conscience. La ligne de recherche est dès lors tracée, il s’agit de rechercher une méthode qui permet de restaurer, rétablir ou acquérir l’harmonie de la conscience, d’où l’étymologie du terme sophrologie (sos-phren-logos : étude de l’harmonie de la conscience). Je ne retracerai pas toutes les étapes de la vie du Pr Caycédo bien qu’intimement liées à l’évolution de sa pensée, je me contenterai de citer les sources qui l’ont inspiré :

- L’hypnose : très en vogue à l’époque et qui a d’ailleurs été à l’origine de bien d’autres pratiques qui s’en sont par la suite détachées, dont la psychanalyse. Caycédo se détachera également de l’hypnose à cause de sa connotation qu’il juge un peu trop mystique et inquiétante, et fondera donc le terme de sophrologie, qui reste du moins à ses débuts une forme très proche de l’hypnose.

- La phénoménologie psychiatrique de Binswanger: Compte tenu de l’impact de cette influence majeure sur la suite de l’histoire de la sophrologie, il me parait indispensable au moins d’effleurer ces concepts. La phénoménologie est un courant philosophique marqué essentiellement par Husserl et Heidegger. Pour le premier, on ne perçoit pas la chose perçue de manière immédiate, mais notre propre perception de cette chose, perception donc essentiellement subjective et infiltrée de nombreux à priori. Il s’agit alors de rechercher la chose telle qu’elle est « phénoménalement » et non telle que nous la percevons. Pour ceci il préconise la « réduction eidétique » qui va permettre de retrouver l’essence du phénomène. Pour cela il s’agit de pratiquer l’ « épochè » ou mise entre parenthèses du monde tel que nous le percevons, une forme de suspension du jugement proche de la démarche de Descartes dans sa recherche de la « chose en soi » (cogito). Suite à cette « épochè », la « variation eidétique » va faire varier les perspectives afin d’en déduire une constante qui sera l’essence du phénomène. La « réduction transcendantale » quant à elle permet de découvrir les structures de la perception (percevoir la perception). La chose perçue apparait donc comme phénomène dans la mesure où c’est ma conscience qui la fait advenir. Pour Heidegger, l’homme est lui aussi phénomène mais possède deux capacités essentielles qui le différencient : le retour sur soi (se percevoir lui même), et la possibilité de se projeter au devant de lui-même pour envisager son avenir. Inspiré de ces concepts Biswanger postule que les classifications médicales figent l’homme, le coupent de son côté vivant pour l’enfermer dans un monde à part, celui des malades. Il préconise alors chez le thérapeute l’ « épochè » pour appréhender le phénomène dans sa totalité, chaque maladie étant assimilée à une manière d’être au monde (dans la temporalité : tout perçu présent étant en rapport avec le passé et le futur, ce rapport se voyant perturbé chez le malade), dans l’espace (rapport du sujet avec le proche et le lointain) et dans l’intersubjectivité (être avec autrui). Pratiquement ceci demande une position particulière du thérapeute qui doit sortir de son rôle d’observateur, faire abstraction de tout présupposé théorique, et de toute interprétation qui peut en découler, pour vivre la difficulté du patient en la partageant sans aller jusqu’à s’enfermer avec lui dans son « monde privé ». Seule cette attitude qui permettra d’accéder et de partager le monde privé du patient, pourra restaurer la communication et permettre son retour dans le « monde commun ».

- Enfin, les autres sources d’influence sont le yoga, le zen, et le bouddhisme suite à un voyage d’étude effectué en Orient, mais aussi les philosophes grecs de même que la neurologie contemporaine.


De nos jours le domaine d’action de la sophrologie s’est élargi de la clinique au domaine prophylactique, relationnel, social et sportif.

Mais revenons dans les années 1960-1989 : La sophrologie connait alors un gigantesque essor, se développe mondialement, et A Caydédo termine de mettre au point sa méthode en fixant définitivement les bases du premier cycle de son entrainement et des premiers degrés de sa «  relaxation dynamique », les plus importants également. Ce sont ceux que pratiquent les « sophrologues », appellation qu’ont gardé ceux qui n’ont pas adhéré à la suite des évènements où s’en sont écartés par la suite.

La pratique de la sophrologie à ce niveau se base sur ce que l'on appelle la "sophronisation" d'une part, prise de conscience et relachement de chaque partie du corps, afin d'atteindre une état de relaxation profonde "au bord du sommeil", état propice à la mise en place d'un certain nombre de techniques à visées de futurisation positive d'un évènement, gestion de telle ou telle situation stressante, de la douleur,de l'anxiété, etc, etc... Pour plus de renseignements je vous renvoie aux pages d'acceuil du site sur lequel vous vous êtes inscrits pour recevoir ce bulletin : http://www.adps-sophrologie.com.ou encore au livre très clair sur le sujet de Thierry Loussouarn "Transformez votre vie par la sophrologie" qui reprend de manière simple et concise les principes de base de la sophrologie ainsi qu'un certain nombre d'exercices. A côté des sophrononisations pouvant avoir lieu en position assise ou allongée, on trouve les premiers degrés de la relaxation dynamique centrés sur le shéma corporel, la sensorialité, bref un vécu positif du corps "ici et maintenant".Le troisième degré quant à lui s'inspire de la méditation zen sortie toutefois de son contexte spirituel.

Nous arrivons alors en 1989. La sophrologie a été victime de son succès …et j’oserais dire de la facilité de sa pratique par quiconque ne voyant en elle qu’un « outil de relaxation » supplémentaire sans forcément en comprendre les fondements, alliée à un « effet magique » du au bien être indiscutable qu’elle procure simplement par la réduction des tensions. Donc dans la grande mouvance « New Age » de l’époque, la recherche de solutions alternatives et de spiritualité qui l’accompagne, et l’épidémie de propositions plus ou moins commerciales qui proposent des réponses, la sophrologie prend une place qui n’a pas du tout été appréciée de son fondateur. Elle se voit alliée à des pratiques telles que la voyance, la chiromancie, les vies antérieures, et bien d’autres encore, ce qui la dénature totalement et lui enlève toute spécificité. Caycédo voit rouge, on le comprend, et décide alors de récupérer son bébé, en reprenant la direction des opérations et fédérant autour de lui les « vrais » sophrologues, comprendre par là ceux qui veulent bien le rejoindre, tout en transformant le terme de sophrologie , tombé dans le domaine public donc utilisable par tout un chacun. C’est la « Grande Amnistie » (sic), la naissance de la « sophrologie caycédienne » et des Masters, seul titre donnant le droit d’exercer la sophrologie caycédienne. De nos jours les Masters comprennent trois cycles dont les deux derniers enseignés par Caycédo lui-même, la relaxation dynamique s’est enrichie de huit degrés supplémentaires, d’autres remaniements importants ayant eu lieu également (ajout de vibrations sonores, les 5 systèmes « Isocay », trois niveaux de conscience vigiles dont un dans lequel se passe la sophrologie qui ne se déroule donc plus « au bord du sommeil…..et d’une terminologie de plus en plus complexe et hermétique, faite de nombreux néologismes qui fait de la sophrologie caycédienne une discipline très difficile d’abord pour le non initié qui voudrait avant de se lancer dans la pratique se faire une idée. Je ne vous donnerai donc pas de description détaillée de l’ensemble du système, d’abord parce que ça serait fastidieux, ensuite parce que ne le pratiquant pas moi-même, je suis particulièrement mal placée pour en parler. Mais vous pouvez vous renseigner plus avant sur le site officiel www.sophrologie-caycedienne.com ou encore sur un site très détaillé sur le sujet http://www.sophrologie-info.com/devenir-sophrologue.html

A noter entre temps tout de même l’éloignement d’un des pionniers, JP Hubert, qui a pourtant longtemps accompagné Caycédo dans sa démarche , de fait jusqu’en 1985, mais prend ses distances en raison du refus de ce dernier de prendre en compte les apports psychanalytiques , entre autres Freud, Jung et Lacan, position impossible à tenir pour JP Hubert qui fondera ce qui est devenu aujourd’hui la Faculté européenne de sophrologie analytique et comportementale (http://www.sophrologieanalytique.com/les_deux_courants.htm) .

Si Caycédo continue de juger de manière impitoyable ceux qui ne l’ont pas suivi, les critiques à son encontre ne sont pas absentes non plus. Son intransigeance, le côté hermétique de ses propos, son rejet radical de tout ce qui s’y oppose, la sophrologie présentée comme panacée à tous les maux, sont assimilés par certains de ses détracteurs à un comportement sectaire. On en est même arrivé à parler de « dérive caycédienne », Caycédo se montrant de plus en plus intransigeant envers ses élèves eux-mêmes, allant même jusqu’à radier un membre émérite de son groupe qui aurait posé une question dérangeante. N’étant pas, là encore, la mieux placée pour en parler, je vous laisse vous faire une opinion personnelle avec la « lettre de démission » de Pascal Gautier, auteur du livre « Découvrir la sophrologie » que vous pourrez trouver ici: http://www.sophrologie-info.com/for/viewtopic.php?t=455 ou encore ici http://www.cfsp-formation-sophrologue.com/la-sophrologie/la-sophrologie.

Bon, loin de ces querelles de chapelle, sur le terrain ça donne quoi ?

Sur le terrain, s'il existe effectivement des sophrologies, il y a surtout des personnes en demande de pratique. Derrière cette demande, on rencontre quasiment toujours un mal-être, une anxiété, des émotions envahissantes,des douleurs chroniques, bref, une souffrance quelconque qui demande à être soulagée. Parfois aussi des demandes plus ponctuelles de préparation à un évènement particulier stressant (examen, entretien, performance...). Des demandes centrées sur cette souffrance, où à minima cet obstacle au bien-être, qui veulent savoir avant tout si "ca peut marcher et en combien de temps".Avec à l'arrière plan bien sûr des questions budgétaires,ce qui est normal. La demande centrée sur l'amélioration de leurs symptômes de leur anxiété et de leur vie en général est majeure et la sophrologie est avant tout une méthode et non une finalité en soi. Qu'elles y découvrent autre chose par la suite est un autre problème , mais on ne peut faire abstraction de cet état d'esprit (donc de la personne elle-même et de sa demande). Il n'en demeure pas moins qu'elle a droit à des garanties de sérieux, c'est évident, mais peut être surtout de trouver ce qui lui correspond à elle, et pas forcément à quelqu'un d'autre. Cette pluralité d'approche me paraît donc plutôt une bonne chose dans la mesure où c'est à chacun de trouver sa "voie".


Alors comment choisir "son" sophrologue avec un minimum de garanties ?

Et bien, je dirais d'abord pas au hasard !Internet est un formidable outil de sélection qui n'est bien sûr pas à prendre au pied de la lettre mais qui bien utilisé peut déjà "débroussailler le terrain".
Sur le site du sophrologue s'il en a un, vous allez trouver l'école qui l'a formé, ainsi qu'éventuellement la Fédération ou le syndicat auquel il adhère. Allez -y, quelques clics suffisent : vous pourrez y vérifier bien sûr la présence effective du sophrologue sur les listes, mais aussi le code de déontologie de l'école, qu'il se doit d'appliquer,les références des formateurs, la nature et la durée de la formation...bien sûr ceci ne vous dit pas tout, mais vous permet déjà de vous faire une idée.

Caycédien ou non?

Si vous allez sur un site caycédien, on vous expliquera probablement que c'est la seule garantie d'avoir affaire à un professionnel sérieux, dans la pure lignée du fondateur de la sophrologie. Si ce discours vous convainc et vous rassure, pas de problème, c'est bien là où vous devez aller, ce qui n'exclut pas le fait qu'il est souvent très interessant de tester plusieurs groupes donc plusieurs sophrologues. Si le label caycédien vous importe peu, il est peut être alors encore plus intéressant de tester plusieurs sophrologues caycédiens et non caycédiens. Parce que c'est avant tout là où vous sentirez bien qu'il faut aller!Dans tous les cas essayer est de fait le seul moyen de se faire une idée d'une pratique qui est avant tout vécue (phénoménologie oblige!).La plupart des groupes de sophrologie permettent de faire des essais avant de s'engager,et ce même si par la suite vous optez pour les scéances individuelles, n'hésitez pas à en profiter, mais même si vous devez payer votre séance c'est un moindre mal pour avoir le droit légitime de vous faire une idée de ce que l'on vous propose, ce n'est en général pas très onéreux.

Sophrologie et autres disciplines ?

Le fait qu'un sophrologue ait plusieurs cordes à son arc ne me dérange pas personellement. Par contre il doit y avoir une transparence totale, et sur ce qu'il fait et sur ce qu'il vous fait faire. C'est normalement indiqué sur la "carte de visite" (sinon, c'est pas forcément bon signe...). Là encore Internet est utile. Un simple petit tour sur un site aussi basique que wikipedia vous donnera les bases de la plupart des techniques associées à la sophrologie : PNL, EMDR, reiki parfois....là encore si quelque chose vous déplait dans ces pratiques, ce n'est pas forcément la bonne personne pour vous. Si au contraire ça vous attire, c'est peut être bien là qu'il faut aller. Certains sophrologues sont aussi plus ou moins spécialisés dans certains domaines, ça peut être intéressant de le savoir. Dans tous les cas la clarté est de rigueur, vous devez savoir ce qu'on vous fait faire et quand , et dans la mesure du possibe éviter les "techniques personnelles" , sorte de pot pourri de plusieurs tendances plus ou moins bien assorties. Par contre si on vous énonce clairement ce qui va être effectué et surtout que ça vous convient, car rien ne doit être imposé, pas de problème! Et là encore en essayer plusieurs vous donnera une idée de ce qu'est la pratique de la sophrologie sans forcément passer par la théorie, et repérer les éventuelles dérives vers une méthode un peu trop "personnalisée".

Le premier contact est aussi important, il s'agit de ne pas hésiter à poser toutes les questions que vous souhaitez, mais aussi vous faire une idée sur la personnalité du sophrologue, il est indispensable que le "courant passe".La personnalité des participants au groupe peut aussi être révélatrice de l'état d'esprit ambiant.

L'argent

C'est aussi un sujet qui exige la plus grande transparence. Les tarifs doivent être clairement énoncés, et là encore la comparaison vous permettra de cibler les éventuelles dérives, vers le trop ou le trop peu qui n'est pas non plus forcément un critère forcément rassurant, sauf dans le cadre d'un organisme qui le justifie. Normalement les tarifs se tiennent et ne varient pas dans le temps, sauf pour se réajuster de quelques euros en fonction du coût de la vie,de loin en loin. Le service a un coût et c'est normal, mais la séance payée, il n'y a pas à avoir d'escalade sous couvert de multiples stages, ventes d'objets divers ou de services annexes, orientation vers d'autres "soins" présentés comme indispensables, pire que tout initiation payante à des niveaux dits "supérieurs". De même, vous n'avez pas de service à rendre au sophrologue en personne où à une quelconque collectivité qui tourne autour de lui, sous forme de participation financière ou en nature.

Les croyances

Elles sont totalement libres , la sophrologie n'est pas un système de croyance, tout au plus une "philosophie de vie" qui se mettra en place naturellement chez vous....ou pas ! Si des conseils de bon sens peuvent vous être donnés (arrêter une consommation excessive d'alcool..) rien ne sera imposé, dans le sens de la nécessité de devenir végétarien, de ne manger que des carottes rapées , ou même du bio, surtout pas de cesser de consulter votre médecin, bien au contraire, qu'il soit allopathe ou autre ne regarde que vous. Bref aucune ingérance dans les croyances ou la manière de vivre qui est la votre, la sophrologie est ouverte à tous sans distinction.

Tout ceci pourrait se résumer en seul principe dont découlent tous les autres : Le sophrologue a un devoir de réserve,en particulier en ce qui le concerne : vie privée, croyances, adhésion à telle ou telle organisation, parti politique, style de vie,etc.Il a une influence due au transfert inévitable qui se produit, dont seule la neutralité peut protéger de ses effets parfois néfastes. Mais si l'on admet la notion de transfert, il faut aussi admettre qu'elle est universelle et peut tout aussi bien concerner un prof de gym , un enseignant, où toute autre personne en particulier en position d'autorité ou de référence.Il va de soi que dans un tel contexte, l'endoctrinement n'est même pas envisageable...

Mais tout ceci n'est-il pas avant tout question de simple bon sens ?

Très cordialement
Martine Massacrier
martine@adps-sophrologie.com





Envoyé le 26/07/2013

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