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123 La clef des songes

martine

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Bulletin 123 . Septembre 2012
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La clef des songes…
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Depuis l’Antiquité, cet étrange phénomène qu’est le rêve a toujours préoccupé les hommes. Leur caractère mystérieux, ces images, ces histoires souvent déconcertantes qui se déroulent dans notre tête alors même que nous dormons, ne pouvaient, à cette époque, que trouver une explication magique, supranormale. Rien d’étonnant dans de telles conditions que les civilisations antiques aient fait du rêve un message des dieux et lui aient attribué un caractère prophétique. Les hommes ont alors tout naturellement cherché à décoder ce message, ont fait appel à des devins, mis en place des rituels, des cérémonials, tenté d’influencer les dieux en leur faveur … et ce jusqu’au Moyen Age, où l’Eglise qui supporte difficilement qu’on porte ombrage à sa toute puissance, s’empare de cet intérêt populaire qui détourne les fidèles vers les médiums, mages, astrologues, et autres professions de ce type, pour interdire formellement l’interprétation des rêves. Et ce même si dans la Bible, Dieu s’adresse régulièrement à l’homme justement au travers des rêves. Désormais la concurrence déloyale de la « magie » sera jugée diabolique au point qu’au cours du XIX° siècle, la loi s’empare de cet interdit et toute personne faisant profession de l’interprétation des rêves encourt le risque de sanctions juridiques.

Il faudra attendre l’avènement du XX° siècle pour que le rêve tombe dans le domaine de la psychologie, et devienne non plus message d’une quelconque force supérieure, mais bel et bien production du rêveur lui-même. En 1900, date symbolique de l’avènement d’une nouvelle ère, Freud publie l’ « Interprétation des rêves », un livre extrêmement riche, basé sur un matériel abondant ( 160 rêves , dont de nombreux de l’auteur lui-même) , mais un livre dont le style et la complexité rendent la lecture quelque peu ardue, une des raisons parmi d’autres de son manque de succès par rapport aux attentes de l’auteur. Après de nombreuses réticences, il se résoudra à en reprendre l’essentiel dans un petit abrégé intitulé « Sur le rêve » qu’il considèrera toutefois toujours comme le parent pauvre de « I ‘Interprétation ». Le rêve ne vient donc plus de l’extérieur mais est une production psychique en provenance directe de notre inconscient et est même la « voie royale » qui permet la connaissance de ce dernier. En effet le rêve dévoile sous forme déguisée, nos pulsions, nos désirs et nos conflits les plus secrets, y compris pour nous mêmes. Ce rêve s’analyse et se comprend lorsqu’on en connait les règles de construction.

Aujourd’hui, on sait mesurer l’activité cérébrale, on a exploré les différentes phases du sommeil, mais on est bien forcé de constater qu’aucune théorie nouvelle sur le rêve n’émerge réellement. Parmi les hypothèses contradictoires émises à ce sujet, on peut citer :

- Hobson et Mac Carley : Pour eux, il est totalement illusoire de chercher à donner un sens aux rêves. Les images du rêve ne sont dues qu’à des impulsions nerveuses anarchiques et aléatoires autour desquelles le cerveau tente de construire une histoire. En clair le cerveau « fait son travail » en cherchant à donner un sens à ce qui n’en a pas un forcément, un petit peu comme dans les illusions d’optique.

- Crick et Mitchison : Pour eux, le rêve est la « femme de ménage » de la mémoire. Il fait le tri entre les informations utiles et inutiles afin d’éliminer ces dernières pour que la mémoire ne soit pas surchargée d’informations, ce qui serait nuisible à son fonctionnement.

- Jouvet émet l’hypothèse que le sommeil paradoxal au cours duquel les rêves ont lieu sert à préserver la personnalité ou mieux encore la modifier dans le sens d’une meilleure adaptation en fonction des expériences vécues.

- Solms quant à lui réfute le lien systématique fait entre rêve et sommeil paradoxal et émet l’hypothèse que le rêve aurait une origine corticale. Le rêve servirait alors à retraiter des expériences subjectives déjà vécues par le sujet.

- Quant à Tasin, il émet l’hypothèse la plus originale : le rêve ne se produirait pas au cours du sommeil mais au cours des micro-éveils qui ont lieu au cours de la nuit. Ces mini éclairs de conscience seraient, en raison de leur brièveté et de leur caractère disparate, impossibles à relier de façon cohérente, là encore le cerveau les réinterprèterait après coup pour en faire un récit à peu près cohérent.

Rien de tout cela ne me paraît de toute manière contraire à l’interprétation des rêves. Même en prenant l’hypothèse que le rêve n’est que le résultat d’une activité cérébrale aléatoire, donc ne provient absolument pas de l’inconscient, le récit que le rêveur met en scène à partir de là est déjà un récit personnel donc qui forcément nous parle de lui. A partir de ce récit, le rêveur va être comme nous allons le voir amené à associer librement sur ces images et exprimer par là, ne serait-ce qu’après coup ses tendances inconscientes.

J’ai donc choisi aujourd’hui de m’en tenir à l’hypothèse freudienne et de vous présenter une petite synthèse de « Sur le rêve » pour aborder ce phénomène complexe du rêve et de son sens. A titre d’information, bien entendu, pour ceux que le sujet intéresse et qui trouveront là un moyen supplémentaire d’approfondir la connaissance d’eux-mêmes, mais aussi et peut être surtout pour tenter de démontrer que les lois qui régissent la formation du rêve ne se laissent pas réduire à quelque « dictionnaire » prétendant révéler à tout un chacun le sens de ses rêves, en oubliant de dire l’essentiel : que le rêve concerne au premier chef le rêveur lui-même, et que c’est donc lui et lui seul qui en possède les clefs.

Le rêve qui inaugure « Sur le rêve » est fait par Freud lui-même. Il ne nous en livrera pas l’interprétation complète pour des raisons de confidentialité (mais les curieux peuvent toujours se rapporter à la préface de Didier Anzieu dans l’édition de 1988). Ceci n’a aucune importance, la vie privée de Freud ne nous intéresse pas plus que ça, ce qui nous intéresse ici c’est l’approche du rêve telle qu’elle nous est présentée, une approche qui est la méthode d’interprétation freudienne et qui s’applique à tous les rêves quels qu’ils soient. Voici mot pour mot le récit du rêve intitulé « table d’hôte » :

«  On mange des épinards… Mme E.L. est assise à côté de moi, se tourne entièrement vers moi et pose familièrement la main sur mon genou. J’éloigne la main dans un mouvement de défense. Alors elle dit : Vous avez toujours eu de si beaux yeux…Je vois alors vaguement quelque chose comme le dessin de deux yeux ou le contour d’une paire de lunettes… »

Le rêve tel que décrit ici est totalement incompréhensible pour Freud qui nous dit encore:

« …il m’apparait comme obscur et absurde mais surtout comme déconcertant. Mme E.L. est une personne avec laquelle je n’ai guère entretenu de relations amicales et à ma connaissance je n’ai jamais souhaité en entretenir de plus cordiales. Je ne l’ai plus vue depuis longtemps et ne crois pas qu’il ait été question d’elle au cours des derniers jours. »

La question qui vient naturellement à l’esprit quand on tente de comprendre ce rêve est de se demander « pourquoi Mme E.L ? Que vient-elle faire là ? » , bref de se concentrer sur le personnage principal du rêve surtout s’il s’agit comme c’est le cas ici d’une personne connue. Là est le piège, car, comme nous allons le voir Mme E.L n’a strictement rien à voir avec l’histoire…

Freud nous fait alors la démonstration sur lui-même de sa méthode d’interprétation qui consiste non pas à s’attacher au scénario du rêve dans son ensemble, mais de décomposer le rêve en chacun de ses éléments et associer librement autour de chacun d’entre eux pris séparément : Mme E.L. , les épinards, les yeux, la table, la main sur le genou, etc…sont autant d’éléments autour desquels le rêveur est invité à dire absolument tout ce qui lui vient à l’esprit, spontanément, sans souci de cohérence, de logique, et bien sûr sans aucune censure.

Je ne détaillerai pas l’analyse du rêve telle que Feud la présente, ce qui serait fastidieux, mais nous allons simplement prendre quelques éléments pour exemple :

- La table d’hôte fait immédiatement penser le rêveur à un taxi par analogie de sentiments ; en effet dans les deux cas Freud éprouve l’impression de ne pas en avoir pour son argent (le compteur du taxi affiche déjà par exemple une certaine somme alors même qu’il prend son passager en charge). Le taxi révèle alors l’élément déclencheur du rêve qui se trouve comme toujours dans un évènement réel de la veille : à la fin d’une réception à laquelle il était invité la veille au soir, un de ses amis a proposé à Freud de le raccompagner gracieusement en taxi.

- L’ami en question : Freud à plusieurs reprises a été son débiteur. Or il se trouve que cet homme est ophtalmologiste et de plus Freud lui a un jour offert en cadeau une coupe antique sur laquelle sont peints deux yeux similaires à ceux de son rêve.

- Les yeux lui font alors penser à des expressions populaires comme « avoir à l’œil » ou « pour ses beaux yeux » qui font référence au fait d’obtenir quelque chose gratuitement.

Les éléments qui ressortent ici sont donc : obtenir quelque chose gratuitement, le voyage en taxi, les yeux.

- Par ailleurs la scène de la main sur le genou au cours d’un repas en société lui en rappelle deux autres : la première est une scène analogue s’étant déroulée jadis entre lui-même et sa propre femme, la seconde est une autre scène du même type où il se trouvait également à table avec sa femme et d’autres personnes, et où il se trouvait déçu que sa femme se préoccupe plus de ses voisins que de lui-même alors qu’il aurait préféré qu’elle « se tourne entièrement vers lui », désir qu’il mettra en scène dans son rêve avec le comportement de Mme E.L. qui bien sûr représente Mme Freud.

Aux premiers éléments déjà évoqués s’ajoute alors le désir qu’une femme s’occupe exclusivement de lui…et on peut d’ores et déjà ajouter gratuitement (sans intérêt personnel).

En poussant les associations encore un peu plus loin, le taxi rappelle des promenades en voiture que Freud a fait avec « une certaine personne de sa famille », de fait sa belle sœur Mina pour qui on lui suppose une forte inclination, inclination interdite, ce qui se traduit dans le rêve par le geste de rejet (« j’éloigne la main dans un mouvement de défense »). Il se trouve qu’il a effectivement fait de fortes dépenses pour cette femme et craint de devoir « se ruiner pour ses beaux yeux ».

Ceci n’est qu’une toute petite partie de ce qu’il ressort de ce rêve et des associations de Freud à son sujet. Aller plus loin demanderait de connaître parfaitement la vie de Freud à l’époque ce qui encore une fois n’est pas notre propos, nous allons donc passer sur un plan plus général.

Nous avons donc déjà là le principe de base : ce que le rêve nous montre n’est que le déguisement de certaines composantes de notre vie psychique mises en scène et condensées dans une sorte d’histoire qui apparemment n’a aucun sens. On appelle « contenu manifeste » ce que le rêve donne à voir et « contenu latent » sa signification réelle retrouvée par l’analyse. Entre les deux se situe le « travail du rêve » qui est de transformer le latent en manifeste, travail inversement symétrique de celui de l’analyse qui part du manifeste pour aller vers le latent.

Autres principes de base en résumé :

- Tout rêve est accomplissement de désir (souvent inconscient), nous verrons plus tard que les « rêves d’angoisse » n’échappent pas à cette règle.

- Tout rêve est déclenché par un évènement réel de la vie diurne se situant la veille (prendre le taxi gratuitement dans le cas du rêve évoqué ici), évènement anodin qui renvoie à des expériences plus anciennes et qu’il utilise pour la mise en place du scénario onirique.

- Tout rêve a pour rôle de protéger le sommeil : ceci est évident dans les rêves simples comme rêver de boire ou d’uriner lorsque le besoin se fait sentir, histoire de dormir encore un peu malgré ce besoin. Ceci est plus complexe quand la perturbation vient de l’intérieur du psychisme (montée d’une pulsion, d’un désir interdit….), la perturbation devant alors être mise en scène dans le rêve. Ainsi le rêve liquide le désir qui vient perturber le sommeil en le présentant comme réalisé et permet de continuer à dormir.

- Les désirs et les pensées qui sont à la source du rêve sont présentés sous forme d’images sensorielles, en général visuelles, il s’agit donc de décrypter quelle pensée telle ou telle image représente (toujours pas associations libres). Sur le plan sonore, c’est sur l’ambiguïté des mots qu’on joue, la consonance commune, il est souvent intéressant de jouer sur la phonétique à la manière des jeux de mots : « genou » pour «  je/nous », «  j’ai tout fait » pour «  j’étouffais », et ainsi de suite….

En outre le rêve obéit à certains mécanismes qui président à sa construction :

- La « condensation » : C’est le fait qu’un élément unique du rêve renvoie à plusieurs choses différentes. Dans le rêve cité en exemple, les yeux renvoient par exemple au vase , au métier exercé par l’ami de Freud, au fait d’avoir quelque chose gratuitement, aux beaux yeux de Mina, et à d’autres choses encore comme le conflit qui l’opposait alors à son ami Fliess etc… A ce propos lorsque l’on se demande à propos d’un rêve si tel élément renvoie à tel évènement OU à tel autre, il est indispensable de remplacer le OU par ET , et se dire que le rêve renvoie à tel élément ET à tel autre, et ce quel que soit le nombre d’options qui se présentent. On retrouve cette condensation dans les lieux ou les personnages composites : par exemple plusieurs personnes sont condensées en une seule, ce qui nous fait souvent exprimer « c’était Untel, mais j’avais aussi l’impression que ça pouvait être mon père » ou encore « c’était chez moi, mais en même temps il y avait quelque chose de mon ancien lieu de travail et aussi de la maison de mon enfance… ». Ces différentes personnes ou ces différents éléments sont condensés en vertu d’une propriété qu’ils ont en commun, d’une analogie, d’un rapport quelconque entre eux qui se révèle à l’analyse.
Ceci contribue largement à la complexité du rêve, en effet chaque élément représente plusieurs pensées, et inversement une même pensée est représentée par plusieurs éléments ! On comprend alors à quel point les associations constituent un réseau ou les liens, loin d’être directs, s’entrecroisent de manière parfois très complexe.

- Le «  déplacement » : C’est le fait qu’un élément en représente en fait un autre, on l’a vu avec Mme E.L. qui est en fait Mme Freud par exemple. Ceci est une autre source importante de confusion qui contribue bien sûr à cacher le sens réel des choses. C’est ainsi qu’un évènement totalement banal de la veille est évoqué dans le rêve, alors que cet évènement par déplacement en représente un autre qui lui, est d’une importance capitale pour le rêveur. C’est ainsi que le retour en taxi fort banal en lui-même représentait dans notre histoire d’autres voyages en voiture avec une autre personne envers qui l’implication affective était toute autre.

- La « symbolisation » : Elle est favorisée par le fait que les pensées sont mises en image, elles sont « figurées ». Telle image représente telle chose. C’est ce qui a donné naissance à toute une multitude d’ouvrages traitant de la symbolique des rêves ou on apprend par exemple que le roi représente le père, que les bâtons et autres objets allongés sont des phallus, etc, etc…. S’il est vrai qu’il y a des symboles universels, encore une fois, lorsqu’on se mesure à la complexité de la construction d’un rêve , de même qu’à tout le matériel éminemment personnel qui ressort des associations du rêveur, on réalise très vite à quel point de tels ouvrages s’avèrent très largement insuffisants pour pénétrer le secret de nos rêves.

- Enfin quelques autres « petits trucs » en vrac :

o Les différentes pensées du rêve ont entre elles une corrélation logique ; cette corrélation est figurée par le rapprochement dans le temps et dans l’espace. Par exemple deux éléments ayant entre eux un lien direct seront présentés côté à côte. N’oublions pas qu’un personnage peut figurer une pensée, différents personnages plusieurs pensées dont les rapports peuvent se lire dans les rapports entre les personnages qui à ce titre figurent tous le rêveur lui-même (ou du moins une partie de lui).

o La dimension causale, lorsqu’elle est figurée est figurée sous forme de succession de deux fragments de rêve…mais inversée. Ce qui veut dire que si on a fragment de rêve n°1 suivi de fragment de rêve n°2 c’est en fait le n°2 qui est la cause et le n° 1 la conséquence.

o Des représentations contradictoires s’expriment par le même élément.

o De même la négation, le « ne…pas » n’existe pas. Elle sera figurée ultérieurement dans le rêve par un autre fragment renversé en son contraire, un peu comme si elle arrivait en retard.

o Un mouvement inhibé dans le rêve représentera un conflit de volonté

o Une situation absurde signifiera le point de vue moqueur, critique du rêveur par rapport à la situation…

Freud distingue 3 types de rêves :

- Les rêves sensés et compréhensibles qui sont essentiellement les rêves faits par les enfants. Là l’accomplissement de désir est clair : c’est l’enfant à qui on a interdit de manger des bonbons par exemple et qui en rêve en dévore tout un sac.

- Les rêves cohérents mais déconcertants, c'est-à-dire qui expriment une idée non absurde mais qu’on ignore avoir, dont on ne sait d’où elle sort.

- Les rêves incohérents apparemment absurdes, décousus, plus ou moins longs et complexes qui sont ceux qui sont bien sur les plus « déguisés ».

Que de complications !

On doit cette complexité au travail du rêve qui se fait sous l’égide de la « censure ». Et bien sûr ceci n’a rien de gratuit. Car si les pensées et les désirs exprimés par le rêve sont bel et bien les nôtres, ce sont essentiellement ceux à qui la censure refuse l’accès à la conscience. Pour Freud en dernière analyse, il s’agit de désirs inconscients infantiles. La censure est le gardien du seuil de notre inconscient, celui qui filtre et autorise ce qui peut remonter ou ce qui ne doit surtout pas remonter. Un gardien qui a toutefois comme nous besoin de dormir un peu. Mais qui ne dort jamais complètement, disons que parfois il est simplement un peu assoupi. C’est cette baisse de vigilance qui permet à certains contenus normalement non autorisés de franchir le seuil interdit. Mais ils ne peuvent le faire que sous forme déguisée car le gardien ne dort que d’un œil. Ce déguisement est une sorte de compromis tout comme le symptôme qui lui aussi laisse passer quelque chose d’interdit à condition que cette chose soit devenue méconnaissable. Dès notre réveil, et par conséquent le réveil du gardien, la censure se rétablit et provoque l’oubli de nos rêves ou au moins un oubli partiel, le plus important ou le plus « choquant » étant bien sûr le plus oublié.

Quant aux rêves d’angoisse, aux cauchemars qui nous réveillent, on pourrait être amené à penser qu’on voit guère comment ils pourraient être accomplissement de désir, et encore moins gardien du sommeil puisqu’il se trouve qu’ils ont exactement l’effet inverse. Dans ces cas là, il y a simplement échec du travail du rêve, le déguisement n’a pu se faire ou se faire de manière suffisante. De ce fait le gardien a vu passer l’intrus, s’est réveillé en sursaut et a lancé l’alerte. C’est cet « attention danger ! » qui provoque l’angoisse et transforme le rêve en cauchemar.

Pour qui veut s’entrainer à comprendre ses rêves, je conseillerais tout d’abord d’avoir toujours à proximité de son lit de quoi prendre des notes et de noter dès que possible tout ce dont il se souvient, car l’oubli vient très vite de même qu’une certaine déformation prend place au cours du temps : le rêve que l’on raconte quelques heures après l’avoir fait est très rarement un compte rendu exact de ce que l’on a rêvé. Une fois que les éléments du rêve sont « sauvés », il s’agit alors de les prendre un après l’autre, sans tri sélectif, et surtout sans juger que telle chose a moins d’importance que telle autre, c’est justement pratiquement toujours le contraire. Et puis au sujet de chaque élément simplement chercher à quoi ça nous fait penser, et là encore sans chercher ni lien logique ni cohérence. Les rêves des autres nous parlent peu, mais les nôtres se révèlent souvent selon cette méthode très parlants si l’on joue vraiment le jeu.

Et c’est en vous souhaitant une rentrée pleine de beaux rêves très instructifs que je vous donne rendez vous au mois prochain.

Très cordialement

Martine Massacrier
martine@adps-sophrologie.com

Envoyé le 13/09/2012

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