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119. L'enfant perturbé, symptôme familial?

martine

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Bulletin 119 Mai 2012
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L’enfant perturbé : symptôme familial ?
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Face à un problème psychologique surgissant au sein d’une famille, et en particulier en la personne d’un enfant, plusieurs réactions sont possibles : on peut le voir comme une fatalité, un manque de chance, après tout des enfants tombent malades physiquement, d’autres naissent handicapés, d’autres sont perturbés psychologiquement, on sait que ça n’arrive pas que chez les autres, tout comme on sait que la grippe touche un certain pourcentage de personnes tous les hivers, et que rien ne nous garantit de ne pas l’attraper. On peut refuser de voir ce qui se passe, et se contenter de s’en prendre à cet enfant décevant, voire le rejeter, préférant voir à la limite une perversion, de la méchanceté, du vice ou de la mauvaise volonté de sa part, plutôt que d’admettre sa souffrance et la faillite de notre « éducation ». A moins qu’on ne préfère trouver le responsable ailleurs : les mauvaises fréquentations par exemple, ou le père qui a laissé tomber tout le monde pour refaire sa vie, bref une sorte de bouc émissaire qui va endosser la responsabilité de ce que nous refusons comme étant de notre fait ou du fait de notre enfant. Ou alors c’est la culpabilité qui s’abat sauvagement sur nous et on se demande ce qu’on a « raté », ce qu’on a « mal fait » ou encore ce qu’on a involontairement « transmis ».

Toutes ces approches ainsi que les réactions très différentes et parfois même opposées qu’elles suscitent ont en commun d’être des tentatives de réponses à une question qui elle, est unique : à qui la faute ? Qu’on s’en prenne au Destin, aux gènes, aux autres ou à soi-même, qu’on ait espoir de pouvoir faire quelque chose pour arranger les choses ou qu’on le vive comme une fatalité, il n’en demeure pas moins qu’on veut savoir pourquoi, et si possible pouvoir désigner un responsable. Ceci au nom de la logique qui veut que tout effet soit le résultat d’une cause et que cette cause résulte d’une action posée
volontairement ou à la limite par erreur, par un être agissant en pleine conscience, donc devant répondre de ses actes et des éventuelles erreurs qu’ils comportent. Et qu’on endosse la responsabilité ou qu’on la rejette ne change rien à cette logique de penser.

C’est faire peu de cas de la complexité du psychisme humain, de l’immense partie d’inconscient qu’il comporte, et des relations intersubjectives qui multiplient cette complexité par le nombre d’individus impliqués. Car si l’enfant est bel et bien le fruit d’un environnement sur lequel il prend appui pour
se structurer, si son psychisme est bien le réceptacle des failles parentales, on oublie un peu trop vite que les parents sont eux-mêmes enfants de leurs parents, qui sont eux-mêmes les enfants des leurs, et ainsi de suite. Donc que l’enfant est, au-delà de ses parents, le produit d’une lignée, d’une suite de
générations qui se transmettent un certain mode de vie, des principes, et même des façons de penser et de ressentir , des visions du monde, des manières d’entrer en relation, de communiquer, et bien d’autres choses encore. Et qu’on se soit docilement laissé couler dans le moule ou qu’on ait cherché à prendre le contre pied systématique, les traces sont là et bien là, et nous les transmettons d’autant plus facilement que l’enfant s’identifie beaucoup plus à ce que nous sommes en profondeur, et parfois même à notre insu, qu’à ce que nous pensons être ou aux grands principes que nous prônons, en ignorant parfois à quel point leur rôle est défensif par rapport à ce que nous portons au plus profond de nous. Bref, nous transmettons ce que nous sommes et non ce que nous
croyons être et l’enfant vient parfois en témoigner, lui qui va crier tout haut par son symptôme ce que nous ne savons même pas porter comme un murmure au fond de nous.

Rajoutons à çà que tout enfant a son propre monde pulsionnel, son propre inconscient et sa propre sensibilité qui va le faire réagir différemment au même contexte. Deux enfants ayant été « programmés » de la même manière trouveront leurs propres moyens de faire avec ce programme, sauront utiliser (ou pas)
certaines ressources internes ou externes, bref si le matériel de base reste le même et les traces bien présentes en profondeur, ce qu’ils en feront leur appartient aussi, et ce n’est pas plus de leur faute s’ils ont tout pris de plein fouet, que de la notre si nous n’avons pas pu être un assez bon filtre par rapport à la toxicité que nous avons-nous même ingurgitée enfant.

Les parts respectives de « responsabilité » entre parents et enfants ont fait couler beaucoup d’encre et ont suscité des points de vues extrêmement différents chez les spécialistes, qui eux aussi parfois, à leur manière, n’ont pu s’empêcher de désigner des « responsables ». Témoin de çà quelques idées
par rapport à la schizophrénie :

Pour Mélanie Klein, même si elle ne conteste en rien le rôle d’un environnement inadapté, tout ou presque se joue au niveau des fantasmes de l’enfant. Pour faire bref, celui-ci crée un fantasme, une mère imaginaire (imago) qui n’a, surtout au début, quasiment rien à voir avec la mère réelle. Les relations
d’objet établies par l’enfant, la gestion de ses fantasmes, en particulier destructeurs, donnant naissance aux angoisses schizoparanoïdes auxquelles le psychotique régresse, se feront avec cette imago maternelle et non avec la mère réelle. Ceci n’occulte pas entièrement le rôle de la mère mais le diminue de manière très significative, tout reposant alors sur la violence des fantasmes de l’enfant et sa capacité à supporter l’angoisse qui en découle.

Par opposition, pour Maud Mannoni, l’enfant n’est que le porteur de la pathologie familiale, en particulier maternelle. Sa maladie est une sorte de message codé qui parle de la problématique parentale, en général de type narcissique, en même temps qu’elle la camoufle. L’enfant, englué dans cette pathologie supportée par un discours trompeur ne peut accéder à son statut de sujet, faute d’une parole libératrice qui lui permette d’accéder à son propre désir.( voir livre : « L’enfant arriéré et sa mère »). Là c’est l’enfant qui se trouve impuissant face à la place qui lui est assignée dans le fantasme maternel et auquel il ne peut que se soumettre.

Dans le même ordre d’idées, pour Bateson ( « Vers une théorie de la schizophrénie ») le soin du patient schizophrène demande de prendre en compte le système familial dans lequel il se trouve. Le patient (appelé aussi « patient désigné ») est le symptôme de la pathologie du système dont il fait partie, sa
famille. Il y a conflit entre le psychotique et son entourage qui lui donne des ordres (explicites ou implicites) absurdes et impossibles à exécuter. Ces deux ordres sont agencés de telle sorte qu’on ne peut satisfaire un sans violer l’autre. C’est le modèle de « l’injonction paradoxale » de type « sois spontané ! », le fait d’être spontané ne pouvant être le résultat de l’obéissance à un ordre, l’enfant ne peut que désobéir s’il obéit. Lorsqu’une telle injonction est faite par une personne qui détient l’autorité, qu’il est impossible de s’y soustraire (par exemple sous peine de punition) et impossible de remettre en cause l’absurdité de la situation (on ne discute pas avec ses parents), on aboutit à une situation de double contrainte extrêmement toxique. Dans un milieu familial où règne une telle communication pathologique (il est important de situer cette communication à la fois sur le plan verbal et non verbal), ces injonctions sont destinées plus particulièrement à une victime-bouc émissaire, celui qui va déclarer éventuellement la schizophrénie. Le « patient
désigné » a de ce fait un rôle à jouer pour lequel il est destiné inconsciemment par la famille : équilibrer le système familial pathologique afin qu’il puisse perdurer (et au passage sauver l’équilibre des autres membres !)

La responsabilisation de la mère a certainement atteint son paroxysme avec le concept de « mère schizophrénogène », mère froide, apparemment sans affects,mais ultra envahissante et dont la principale caractéristique est d’exercer une véritable emprise sur ses enfants. Ce concept a été invalidé par la suite
dans la mesure où toutes les mères de schizophrènes sont loin de correspondre à ce tableau, et en outre que même en présence d’un tel tableau on avait « oublié » de prendre en compte le fait que cette attitude pouvait être défensive face aux perturbations déclenchées par la schizophrénie elle-même et le
contact « fou » qu’elle implique. Ce tableau a été doublement désastreux du fait d’une part de la lourde responsabilité qui pesait sur les mères et d’autre part du discrédit total qu’il a permis aux opposants acharnés de la psychanalyse de porter sur la psychanalyse dans son ensemble.

Plus récemment toutefois, on a pu mettre en évidence que la schizophrénie concerne non seulement le patient et sa famille directe, mais aussi une à deux générations qui précèdent. Il semble qu’on retrouve dans ce type de familles de manière assez constante :

- Des confusions générationnelles (inversion des rôles parent/enfant, mise en demeure de l’enfant d’être « comme » tel ou tel ancêtre….
- Un modèle fusionnel du fonctionnement familial tel que ses membres sont indifférenciés, interchangeables, des confusions identitaires, sexuelles…
- Ruffiot définit par une formule radicale le lien établi dans un tel fonctionnement : « Vivre ensemble nous tue, nous séparer est mortel ».
- L’enfant schizophrène est souvent chargé de porter un deuil non fait de la génération précédente, alors qu’en même temps ce deuil est rendu impossible à faire.
- Les liens sont paradoxaux et sous le joug de la double entrave telle que décrite plus haut.
- La disqualification est omniprésente et essentiellement dirigée contre le sujet quand il cherche à donner un sens à ce qui l’entoure.
- Le sujet est trompé par ce qu’il croit être une figure idéale, parfaite, mais qui se révèle être de fait profondément destructrice.
- La paradoxalité règne en maître : elle est une manière d’être qui tente de gérer et d’aménager l’impossible différenciation entre les êtres dans un monde où comme le dit Racamier « Etre consiste à ne pas exister ». C’est cette paradoxalité qui entraîne la discordance entre les situations et ce qu’elles font éprouver et entraînent un profond malaise chez celui qui y est confronté sans vivre sur le même mode.

En ce qui concerne la pathologie des liens et ses conséquences, l’œuvre de Racamier reste une œuvre innovante et majeure en particulier par son approche des pathologies à la fois anté et anti œdipienne, donc des structures en deçà de la névrose dont fait partie bien sûr la psychose mais pas seulement, dans la
mesure où les pathologies borderline, perverses, la dépendance, l’inceste, etc. sont également concernés.

Quels sont ces concepts ?

- La séduction narcissique : Aux premiers temps de la vie, la mère et son bébé sont dans une relation de séduction mutuelle d’essence narcissique qui vise à créer l’illusion qu’ils forment une sorte d’unité fusionnelle omnipotente (unisson) d’où sont exclus le manque, la blessure, le deuil, et bien sûr l’autre, ce tiers qui fait valoir la différence, fait naître le manque et son corollaire le désir, qui ne peut naître qu’en référence à ce dernier. La séduction narcissique vise à éliminer le désir comme elle vise à éliminer toute sorte d’excitation qu’elle soit d’origine externe ou interne (pulsionnelle). Ce n’est pas cette séduction, véritable pare-feu libidinal qui est toxique en elle-même, elle est même indispensable à l’établissement du lien entre la mère et
l’enfant. C’est son prolongement anormal qui va emprisonner l’enfant dans un lien mortifère, le lier de manière indissoluble au narcissisme maternel et l’empêcher d’advenir en tant que sujet. Cette séduction efface les limites entre l’autre et soi et sème la confusion. Le fantasme qui sous tend cette séduction est que l’enfant ne peut ni exister, ni penser, ni désirer pour son propre compte, le sexuel devenant ainsi de fait le pire ennemi. Elle est illusion dans laquelle on ne voit dans l’autre que l’unique objet de sa fascination, à savoir une image magnifiée de soi-même.

- Le conflit des origines : La séduction narcissique ne doit durer qu’un temps, elle est amenée à cesser d’elle-même. Mais ceci ne se fait pas sans conflit au niveau des deux protagonistes. Pour le bébé d’abord, il y a conflit entre la tendance naturelle à la croissance et à l’autonomisation et tendance à rester uni à l’objet primaire. Normalement pour l’enfant l’attrait de la croissance et du monde extérieur, de même que les gratifications qu’il va y trouver doit être suffisant pour lui permettre de franchir le pas. Mais il arrive que la mère ne veuille pas voir cet état se terminer. En effet la séduction narcissique lui fait faire l’économie de l’Œdipe, de l’ambivalence et du sentiment de dépossession, de perte et de deuil, qu’implique la croissance de l’enfant vers
l’autonomie. Elle va donc prolonger la séduction narcissique au-delà de son but : elle va idolâtrer son enfant, le surestimer, le survaloriser, le séduire, de telle sorte qu’il dépende à ce point d’elle qu’il ne puisse s’en séparer. En effet s’en séparer reviendrait à descendre de son piédestal et « chuter »
dans un monde réel où l’écart entre cette image magnifiée bien qu’illusoire que lui renvoie la mère et l’image plus réelle mais bien moins valorisante que lui renverrait la réalité serait insupportable.

- Le deuil originaire est ce moment de renoncement à l’unisson narcissique qui va permettre au sujet de se tourner vers l’individualisation. C’est le prototype de tous les deuils et de toutes les séparations à venir, et la manière plus ou moins réussie dont il aura été fait marquera à jamais la capacité de
l’individu à se séparer au sens le plus large du terme.

- L’antoedipe est à la fois ce qui est avant et contre l’Œdipe. Là encore si un « antoedipe bien tempéré »(Racamier) prépare et favorise l’Œdipe, un « antoedipe furieux »(ibid) qui ne veut renoncer à aucun prix à cet unisson narcissique va bloquer le développement de l’enfant, dans la mesure où il fige
le sujet dans une séduction narcissique aliénante qui attaque son psychisme et lui barre l’accès au statut de sujet autonome. Un tel enfant sera alors destiné à rester prisonnier du narcissisme maternel, sorte de « bouche trou », de complément, voire de fétiche de la mère.

- Le climat incestuel va en découler. La relation incestuelle est faite d’agirs et de secrets, d’équivalents d’inceste, parfois extrêmement bien dissimulés (l’argent par exemple, une activité, un métier, un logement, des vêtements, des confidences, des secrets…quelque chose de commun qui lie les deux protagonistes), qui ne sont pas forcément inceste agi, mais où dans tous les cas le psychisme et/ou le corps de l’autre sont investis sous forme d’emprise.

Emprise et interdit de se séparer règnent en maître dans un climat qui escamote les limites, arase les différences entre les êtres, les sexes et les générations, nie l’altérité et la différence. Ennemi juré des individualités, il est toutefois « l’ultime moyen de garder cet enfant qui s’obstine à
croître ». Pour plus de détail sur l’incestuel, je vous envoie au bulletin n° 90 « L’inceste et l’incestuel ». L’incestuel n’est pas l’inceste mais peut y conduire dans la mesure où l’inceste est l’ultime moyen de lutter contre l’insupportable émergence du sexuel dans la séduction narcissique, l’ultime moyen de garder l’emprise sur l’autre en « faisant avec » le sexuel. Tout inceste serait alors d’essence plus narcissique que sexuelle, l’abus sexuel venant compléter et finaliser le premier abus : l’abus narcissique, ce qui fait dire à l’auteur que « le patient couche avec sa mère non parce qu’il la désire mais pour éviter de la désirer ».

- Le figurant prédestiné « désigne celui ou celle dans une famille qui est prédestiné, sans le savoir, à incarner l’idéal narcissique familial (extension de l’idéal narcissique maternel). Une telle notion étend au registre familial celle d’ « objet fétiche » (l’enfant fétiche de sa propre mère) ; elle recouvre le concept systémicien de patient désigné » (Le génie des origines p179).

Je ne saurais trop conseiller à ceux que le sujet intéresse de se rapporter aux ouvrages de PC Racamier, en particulier « Le génie des origines » ou encore « L’inceste et l’incestuel ».

Ce petit exposé théorique peut faire froid dans le dos en particulier si on le prend au premier degré : on n’est pas loin de la mère schizophrénogène qui, pour pallier ses propres insuffisances, va en quelque sorte sacrifier son « enfant-fétiche » à son bien-être qui serait gravement perturbé si cet enfant suivait son propre destin naturel qui est de grandir et devenir autonome. Et ce serait effectivement atroce si c’était conscient. Ces mères ne seraient rien d’autres que des perverses narcissiques qui utilisent exactement les mêmes moyens.

Or, si l’on écoute les discours des deux protagonistes (et de leur entourage), on s’aperçoit que ce qui revient le plus souvent du côté de la mère ce sont les mots « amour », « angoisse » , « préoccupation de l’autre », « pour son bien », « pour le protéger ». Elles regardent souvent avec horreur ces autres mères, dont il est évident qu’elles les pensent « indignes », qui semblent se désintéresser totalement de leur progéniture au nom d’un égoïsme inqualifiable ! Des mères parfaites en quelque sorte dont le sens du sacrifice ne semble pas avoir de limites… L’entourage d’ailleurs ne tarit pas d’admiration devant leur dévouement.

Quant à l’enfant devenu adulte, lui non plus ne tarit pas d’éloge devant un tel attachement, même si parfois il avoue qu’il s’est un peu senti « envahi ».

Incapable de faire le moindre mal à une femme qui a tant fait pour lui, qui l’a tant aimé, il semble souvent que les rôles se soient inversés, et que ce soit lui qui aujourd’hui éprouve le besoin de materner outrancièrement ses parents, les protéger de tout. Ces familles se disent unies, aimantes , soudées,
elles sont exemptes de conflits(du moins dans les familles nucléaires, car paradoxalement souvent on voit les « noyaux » être en proie à de graves discordes qui s’exacerbent souvent à la mort des parents qu’ils ont voulu jusqu’alors protéger). Ce n’est certes pas l’enfant qui se plaindra de carences affectives ! (il est à noter toutefois que la version « enfant poubelle » qui est le pendant négatif de l’ « enfant-fétiche » existe aussi et est tout aussi incestuelle,mais là les choses sont plus apparentes et plus conflictuelles). Ces familles ont en horreur ce qu’elles voient chez les autres, cette altérité
insupportable, qu’elles qualifient d’égoïsme, de manque d’amour, ces séparations trop faciles qu’elles qualifient d’indifférence, ces conflits francs et négociés qu’elles qualifient de violence…et n’en voudraient certes pas pour leurs enfants !

En clair les « incestualisés » veulent retransmettre le bien qu’on leur a fait , le système parfait dont ils ont eu la chance d’hériter, et si parfois ils admettent une certaine souffrance, ils ont été formatés pour ne jamais l’attribuer justement au système dont la règle d’or est qu’il ne doit à tout prix jamais changer ; d’ailleurs comment le pourraient-ils ? Comment penser que ce qu’ils pensent le meilleur s’avère être de fait le pire ? Comment admettre avoir été ainsi abusé sur l’essentiel ?

L’incestuel avance masqué et c’est ce masque là qu’il s’agit de faire tomber, car c’est lui qui renverse les choses, c’est le masque qui est pervers et non les individus (enfin pas tous, car c’est bien aussi ce climat qui fait le lit de la perversion narcissique). C’est parce que l’incestuel se transmet sous un
jour séducteur, qu’il se transmet au nom de l’amour, de l’attention portée à l’autre, alors que l’autre de fait n’existe même pas en tant que tel, qu’il y a
de tels ravages dans les familles, et c’est parce que les parents sont les premières victimes, les premières dupes, que les enfants le seront.

Si un enfant battu violente à son tour sa progéniture, il faudra une immense part de déni pour énoncer le fameux « c’est pour son bien ». Mais si un enfant choyé aime ses enfants comme il pense lui l’avoir été, comment le lui reprocher ?

Le côté transgénérationnel est évident, et on constate très vite à quel point le système fait boule de neige d’une génération à l’autre, entraînant dans son sillage des générations de familles incestuelles qui s’étalent dans le temps et bien sûr s’unissent entre elles tant un autre fonctionnement leur est insupportable. Et ces familles ont leur lot de « patients désignés » qui régulièrement surgissent de ci de là pour maintenir l’intégrité et la pérennité d’un
système vécu comme indispensable à la survie du groupe. Ceci ne veut pas dire que des pathologies ne peuvent pas éclater dans des familles plus « normales », ni que ce soit un destin incontournable, ni que la génétique n’y soit pour rien, mais l’observation montre très souvent qu’à l’origine des pathologies qu’on pourrait appeler de la « non séparation » quel qu’en soit le degré de gravité, l’histoire familiale montre que le problème vient de loin…..et que les
victimes ne se limitent pas aux « malades » qui disent juste un peu plus haut ce que les autres vivent en silence.

Je ne sais si ce bulletin sera culpabilisant ou au contraire (ce que je souhaite) déculpabilisant. Ce qui me paraît important est de faire connaître ces notions pour tenter de réfléchir sur ce qui peut-être pourrait expliquer cela et bien sûr tenter d’être le grain de sable dans l’engrenage du système : chaque individu qui gagne son autonomie affaiblit le système et est aussi le garant de ceux qui prendront sa suite, car les relations saines aussi se transmettent.

A tous un excellent mois de mai

Très cordialement
Martine Massacrier
Martine@adps-sophrologie.com










Envoyé le 29/04/2012

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