adps

Archives, annonces et actualités ADPS
NO:
 20111127112129

..
[ Accueil Archives, annonces et actualités ADPS ]  
.

114. "je suis un autre", quelques réflexions sur la mythomanie

martine

www.adps-sophrologie.com

Bulletin 114 Décembre 2011
**********************************
« Je suis un autre », quelques réflexions sur la mythomanie.
************************************************************
Le personnage du mythomane fascine, c’est incontestable . Mais si la littérature et le cinéma lui ont de tout temps accordé une

grande place, il semble qu’il n’en soit pas de même de la psychiatrie, où les écrits restent rares, et qui aurait plutôt tendance à associer ce trouble à un certain nombre d’autres pathologies (hystérique, narcissique, borderline, antisociale) sans toutefois le considérer comme un critère diagnostic spécifique.

Nous allons donc tenter de cerner ici ce mystérieux personnage qu’est le mythomane, et faute de pouvoir dire avec précision
qui il est , nous pouvons peut être commencer par dire qui il n’est pas en le comparant avec deux autres personnages qui lui
ressemblent énormément : le menteur et le délirant.

Le menteur, contrairement au mythomane pose un acte délibéré. Parfaitement conscient du caractère mensonger de son discours (mais le mythomane n’en est pas inconscient non plus), il décide sciemment de le livrer ainsi à l’autre dans un objectif déterminé et connu de lui. Cette notion de but, d’intention, et de calcul, est indissociable du vrai mensonge, quelle que soit la nature de ce but : se mettre en valeur, s’éviter de subir les conséquences d’un acte, tromper et manipuler quelqu’un pour en tirer avantage, ou même protéger l’autre d’une vérité désagréable (mensonge altruiste).
Le mensonge se décline sous plusieurs formes : création de toute pièce d’une histoire fausse, déformation de la vérité ou omission de certaines choses significatives, il s’agit de faire croire à l’autre, par un message plus ou moins direct que la vérité est différente de qu’elle est. Là les techniques sont les mêmes chez le mythomane et chez le menteur, sauf que le menteur sait ce qu’il fait, pourquoi il le fait et a pris la décision de le faire, et à aucun moment ne se prend à son propre piège, il sait
toujours quelle est la vérité et dans quel but il la cache , plus ou moins adroitement.
Le mythomane lui, adhère à son discours au point que la limite réel/imaginaire s’estompe : il « est » son histoire, il la vit
entièrement, du moins dans l’instant, et c’est d’ailleurs ce qui lui donne son extraordinaire pouvoir de conviction. Je choisis
sciemment le mot « adhérer » plutôt que « croire », car il semblerait que le mythomane soit conscient du contenu mensonger
de ses dires , mais que la frontière réel/imaginaire ne soit pas aussi bien établie chez lui que chez le vrai menteur, le conduisant ainsi à vivre comme réel ce qui ne devrait être qu’un rêve, un fantasme auquel il donne corps dans la réalité.
La mythomanie nécessite une dissociation, un clivage de la personnalité : une partie sait que ce qui est dit est faux, l’autre le vit comme si c’était vrai. Le mythomane n’a pas le choix de mentir ou dire la vérité comme le vrai menteur, il agit sous l’impulsion, le besoin irraisonné et impérieux, tel un passage à l’acte, et souvent improvise d’ailleurs au détour d’un propos ou d’un évènement qui déclenche sa compulsion au mensonge.
Le mythomane n’a pas forcément un intérêt à défendre, ne suit pas un but réfléchi et conscient, et même si, comme c’est le
cas chez certains escrocs, il semblerait qu’un intérêt matériel motive ses actes, le véritable intérêt reste ailleurs. D’ailleurs il n’est pas rare que le « mensonge » du mythomane se retourne contre lui, comme il n’est pas rare non plus de rencontrer chez
le mythomane un personnage extrêmement crédule et suggestible par ailleurs.

La principale différence avec le délire reste dans l’adhésion au propos. Si le délirant est incapable de remettre en cause la néo
réalité qu’il énonce, aussi folle soit-elle, il semblerait que le mythomane n’ait pas cette force de conviction. D’ailleurs il peut tout à fait reconnaître du moins en partie qu’il a menti. De fait le mythomane, s’il finit parfois par confondre réel et imaginaire a besoin pour cela de faire le détour par la croyance de l’autre. Si vous le croyez, alors lui aussi finira par y croire. Michel
Neyraud définit le mythomane comme un joueur de poker qui ne connaît même pas son jeu : ‘Il abat ses cartes, et si personne
ne s’est récrié, c’est que peut être cette carte était la bonne. » Ainsi n’importe quelle carte peut être la bonne, il suffit que l’autre l’accepte comme telle.

Mais on ne saurait parler de mythomanie sans faire référence au créateur du concept, je veux parler bien sûr de Dupré.
Dupré définit la mythomanie comme la « tendance pathologique plus ou moins volontaire et consciente au mensonge et à la création de fables imaginaires ». Il considère que si chez l’enfant cette tendance à créer des fables de toutes pièces reste normale un certain temps, sa persistance passée un certain âge ou son intensité signent la pathologie. Il définit trois formes de
mythomanie :

1) La mythomanie vaniteuse : Elle même se conjugue sous plusieurs formes :

§ La mythomanie fantastique ou création de fables imaginaires dont le principe moteur est de mettre le sujet en valeur, lui prêter des actions héroïques, des origines prestigieuses, un rôle social prestigieux, etc etc. Là le mythomane cherche seulement à éblouir sans volonté de nuire à l’autre. D’ailleurs qui éblouit-il le plus, l’autre ou lui-même ?

§ L’autoaccusation criminelle dans laquelle le mythomane va se dénoncer comme l’auteur d’un fait divers quelconque. Selon Dupré cela serait motivé également par le besoin d’attirer l’attention sur lui.

§ La mise en scène de faux attentats, de faux accidents dont il aurait été la victime, ceci pouvant aller jusqu’à se créer des ecchymoses ou des traces corporelles, voire encore des mises en scènes (mettre la maison en dessus dessous pour
simuler un cambriolage, se ligoter tout seul etc, etc…)

§ Les "faux hypocondriaques" qui ne se plaignent que pour être plaints. La création de faux symptômes les conduit à
solliciter régulièrement le médecin et même le chirurgien. Même l’opération chirurgicale ne les fera pas reculer, elle leur
permettra au contraire de vivre à fond leur histoire, et même de récidiver par la suite avec la même histoire auprès d’autres
praticiens. Le but étant selon Dupré d’être le centre de l’attention de l’entourage, dont le mythomane attire le zèle et la sympathie. Ceci se rapproche de ce qui a été décrit ultérieurement comme le syndrome de Münchhausen, dont on connaît
aussi la variante : syndrome de Münchhausen par procuration qui conduit certaines mères à provoquer des symptômes chez
leur enfant pour ensuite solliciter des soins et des interventions médicales à répétition.

2) La forme maligne de la mythomanie quant à elle apparaît quand la fabulation est organisée à l’encontre d’autrui. Dans cette variété se rangent :

§ Les mystificateurs : ceux ci racontent leurs histoires pour tromper l’autre et déclencher en lui des émotions pénibles, le faire souffrir.

§ Les accusations calomnieuses, allant du récit mensonger, à la lettre anonyme, voire la dénonciation en justice.

3) La forme perverse de la mythomanie obéit quant à elle à des mobiles pernicieux tels que :

§ L’escroquerie : ce sont les grands escrocs, les abus de confiance en tout genre.

§ Le sexe : l’érotisme ne peut être satisfait qu’à travers un tissu d’inventions et de fables, et la tromperie est la règle de base de la vie amoureuse. Nous trouvons parmi ce type de mythomanes les polygames vrais menant deux vies maritales en
parallèle sous deux identités différentes ou encore les « séducteurs professionnels » qui servent la même histoire à leurs conquêtes successives avant de les abandonner pour recommencer ailleurs.

A noter aussi la « mythomanie errante » qui concerne les mythomanes qui changent sans cesse de région, voire de pays,
racontant sur leur chemin une succession de fables avant de s’enfuir et recommencer ailleurs.

Cette classification, met bien sûr en évidence l’essentiel du problème déjà signalé en début de cet article : celui de
l’intentionnalité de la conduite. Pris entre conscience et inconscience, entre vérité et mensonge, avec souvent des « bénéfices secondaires » non négligeables, peut-on vraiment dire que le mythomane n’est pas au fond tout simplement un escroc, un
menteur ou un opportuniste  ? En effet comment concilier le fait que le mythomane sache qu’il ne dit pas la vérité, se livre
parfois à de véritables mises en scènes qui semblent démontrer quand même une certaine structure du mensonge en question,
une science avérée de la manipulation d’autrui, en tire parfois des bénéfices certains ,et ne soit pas conscient de ce qu’il fait, ou plus exactement ne soit pas dans une démarche volontaire ?

C’est à la fois dans les motivations profondes de la mythomanie et dans sa structure qu’on peut peut-être trouver la réponse.
D’abord les motivations profondes. Nasio nous dit : « Tout mensonge emporte avec lui un désir ». Or que fait le mythomane ? Il nous trompe essentiellement sur sa vraie nature . Et ce, quelle que soit la forme de la mythomanie : héros (fusse-t-il criminel) ou victime héroïque ou encore faux malade dans la mythomanie vaniteuse, « ami qui vous veut du bien » dans la mythomanie maligne, amoureux fidèle ou extraordinaire ou encore « homme de confiance » dans la mythomanie perverse, il est tout sauf ce qu’il est vraiment : quelqu’un à l’identité mal assurée, victime d’un narcissisme malade et d’un douloureux sentiment
d’impuissance.

La mythomanie est une solution de choix à la fois pour fuir une réalité insupportable, une réalité qui menace leur équilibre, et
pour s’affirmer et se sentir vivant face à l’autre, et ce par un tour de passe-passe magique : si la réalité ne convient pas, il suffit de la changer ! Et la changer pour une réalité forcément bien plus avantageuse.

Ceci reste très humain. Qui , face à un échec, ne s’est pas surpris à rêver que la réalité était différente ? Qui dans le plus grand dénuement ne s’est pas inventé une vie rêvée ou encore du fond d’une maladive timidité ne s’est pas rêvé séducteur
irrésistible ? Le fantasme a là une valeur compensatoire évidente. Mais la différence entre le simple rêveur qui s’évade un moment d’une réalité déplaisante tout en sachant qu’à la fin du rêve il va inéluctablement la retrouver et le mythomane , c’est que le mythomane va jouer son rêve sur le terrain de la réalité et surtout qu’il va le jouer face à un public dont il a absolument besoin pour donner corps à ses histoires. Car chez tout mythomane, le regard de l’autre a une importance vitale pour son narcissisme, son sentiment de valeur personnelle et même son sentiment d’exister, d’être vivant. Que ce soit l’hystérie et son
désir d’être le centre de l’attention, le narcissique « glorieux » ou le borderline en manque de reconnaissance, c’est l’autre qui a le pouvoir de valider ou invalider son sentiment de valoir ou non quelque chose. Les notions de bien et de mal s’effacent devant ce regard : est bien ce que l’autre approuve, est mal ce que l’autre désapprouve. C’est dans cette logique que le mythomane a besoin que l’autre croie à son histoire pour y croire lui-même et au final être lui-même la première dupe de ses mensonges, même s’il en est l’instigateur, et ne croira à ses mensonges que dans la mesure où les autres y croient.

Bien sûr dans la mythomanie comme ailleurs tous les degrés existent : ce peut être simple tendance, on peut l’être à temps
plein, par crises temporaires ou de manière durable, dans des moments de stress, de baisse d’estime de soi, de tension, de
conflit, dans un seul secteur de sa vie ou de manière généralisée, revenir à la réalité entre temps… ou pas ! C’est ce qui la rend si difficile à diagnostiquer : un mythomane peut ne pas avoir pu s’empêcher de mentir, sans vraiment comprendre ce qui l’a poussé à agir ainsi, puis recontacter la réalité et devoir « essuyer les plâtres » tant bien que mal, et passer alors dans le mensonge pour ne pas trop démériter au regard de l’autre ! Ou encore vouloir mentir pour un objectif donné, puis partir dans une histoire extraordinaire qu’il ne maîtrise plus…

La découverte du mensonge du mythomane est toujours un moment tragique pour lui, un moment où son monde s’effondre, où
il perd sa raison d’être, même si par ailleurs, il peut s’en sentir soulagé. Aussi fuira-t-il le plus souvent pour aller recommencer ailleurs avec d’autres spectateurs plus crédules. Ou encore fuira-t-il dans d’autres mensonges destinés à valider le premier, d’autres histoires, ou simplement dans le déni total de l’évidence. C’est à cela aussi qu’on le reconnaît du vrai menteur. Non qu’un vrai menteur ne soit pas capable d’inventer d’autres mensonges pour couvrir et consolider le premier, ni se lancer dans des explications plus ou moins fantaisistes s’il est partiellement découvert, mais son contact à la réalité le fait rester dans une logique telle que par exemple, il ne niera pas formellement la preuve de son forfait si vous la lui mettez sous les yeux. Mais la manière qu’a le mythomane de se raccrocher envers et contre toute évidence à ses histoires, de les recommencer immédiatement après à l’identique de façon compulsive montre bien l’enjeu vital qui se cache derrière. Oseriez vous ressortir exactement le même mensonge à quelqu’un qui vous a démasqué peu de temps auparavant ? Le mythomane , oui.

Ce qui fait de l’entourage, même complètement berné le complice indispensable du mensonge du mythomane. On en a la démonstration parfaite dans le cas Romand , histoire vraie qui a inspiré le film « l‘ Adversaire ». Pour rappeler brièvement l’histoire, Jean Claude Romand, brillant étudiant en médecine ne se présente pas aux examens de seconde année. Là intervient le premier mensonge. Pour ne pas inquiéter sa mère Romand cache cet échec et prétend avoir réussi les examens en question. Il est fort intéressant de savoir que par ailleurs la famille Romand a une attitude très spéciale par rapport au mensonge : alors qu’il est prôné une forme de « culte de la vérité », il est également de bon ton de ne pas tout dire ! C’est ainsi qu’on cachera à Romand que sa mère est malade « pour ne pas l’inquiéter ». Et que quelques années après de la même manière, il cachera à sa mère son échec…. « pour ne pas l’inquiéter » ! Quoiqu’il en soit, ce premier mensonge sera à l’origine d’une escalade phénoménale de mensonges et mises en scène, donnant lieu à la création d’une véritable personnalité fictive,personnalité célèbre et prestigieuse bien sûr puisque Romand s’est fait passer pendant 18 ans non seulement pour médecin mais encore chercheur à l’OMS en Suisse. Bien sûr Romand s’est livré à une véritable mise en scène consistant à partir tous les matins à son travail, s’est tenu au courant de toutes les nouveautés médicales, a assuré à sa famille le train de vie qui correspondait aux revenus qu’il était sensé percevoir (non des moindres) et ce à l’aide de multiples escroqueries et emprunts frauduleux entre autre auprès de sa famille. Bien sûr, il a monté de toutes pièces un scénario qui tenait la route, mais on ne peut s’empêcher de penser que sa femme devait être bien naïve pour ne rien soupçonner, et que la chance a vraiment été du
côté du menteur dans la mesure où pendant 18 ans elle n’a jamais éprouvé le besoin de le joindre sur les lieux de son travail et

n’a jamais rien décelé de suspect dans la conduite de son mari dont il est impensable qu’elle n’ait jamais rien trahi de la
gigantesque duperie à l’œuvre ! Et on ne peut s’empêcher de se demander si le destin tragique de Romand, emprisonné à vie
après avoir tué toute sa famille alors qu’il était sur le point d’être découvert, aurait été le même si on avait arrêté plus tôt cette escalade. La crédulité (ou le déni complice) de l’entourage est ici flagrante, et a rendu ce mensonge de plus en plus essentiel pour Romand dans la mesure où le personnage fictif a dévoré le vrai Romand, a pris sa place, et voir mourir ce personnage constituait l’impensable effondrement de la personnalité de Romand toute entière.

Un point quand même reste à développer : si le désir de ne pas être le personnage qu’on est dans la réalité et qu’on juge
médiocre est bien le centre de la mythomanie, il apparaît évident que le mythomane devrait chercher à se composer un personnage plus prestigieux, ce qui est d’ailleurs souvent le cas. Remplacer une réalité décevante par une réalité plus conforme à ses désirs semble quelque part logique. Mais qu’en est-il alors des cas où la personnalité fictive est moins prestigieuse que la personnalité réelle ? On peut penser par exemple aux mythomanes qui s’accusent de méfaits qu’ils n’ont pas commis, à ceux qui jouent les « corbeaux », personnages vils et sombres par excellence, à ceux qui se posent en victimes d’attentat, de
viol ou d’accident, ce que peu de gens souhaitent, ou encore à ceux qui se diminuent physiquement par des symptômes de maladie pouvant aller jusqu’à l’épreuve d’une opération chirurgicale. On en vient inévitablement à penser que si le prestige est un moyen de briller dans le regard de l’autre, ce n’est qu’un moyen et non pas la fin en soi, qui pourrait bien être attirer l’attention de l’autre à tout prix, exister à ses yeux et que son regard indispensable au sentiment d’exister se pose sur le
mythomane, fût-il regard réprobateur. Une demande d’attention parfois provocatrice, parfois déclenchant l’hostilité, souvent
l’admiration, l’amour et l’attention, n’est ce pas de cette attention dont le mythomane a cruellement manqué ? N’est-ce pas
parce qu’on ne l’a pas aimé pour ce qu’il était qu’il a été amené à se transformer en ce qu’il n’était pas ? Chaque histoire personnelle amène sa propre réponse certes, mais n’est ce pas au fond toujours une histoire d’amour ?

On ne peut conclure sur ce sujet sans évoquer les points de ressemblance entre mythomanie et hystérie au point que Dupré a

pu faire de la mythomanie la personnalité de base sur laquelle l’hystérie se développe, chose qui a été démentie depuis. Outre
le besoin d’être le centre de l’attention, un autre trait rapproche hystérie et mythomanie, c’est la suggestibilité. Le mythomane construit son roman en s’appuyant sur des bases réelles ou au moins vraisemblables, le modèle étant le mythomane qui
entend un fait divers dans les médias et s’intronise l’auteur du fait en question. Mais il puise aussi chez l’autre, dans ses
attentes, une partie de ses inventions, ce qui confirme bien entre autre le désir sous jacent de plaire et attirer l’attention et l’amour de l’autre. Imaginons un enfant qui rentre en retard. Sa mère est très angoissée et le presse de questions, dans
lesquelles on peut percevoir qu’elle a peur qu’il lui soit arrivé quelque chose, qu’il ait fait une mauvaise rencontre, qu’il ait été enlevé etc, etc…La nature même des questions, l’induction qu’elles comportent pourront pousser l’enfant à lui raconter une
histoire conforme à celle qu’elle imagine, avoir été enlevé par un méchant monsieur par exemple, puis avoir réussi à s’échapper… Ainsi le mytho très sensible au ressenti de l’autre, va avoir tendance à présenter une histoire conforme à celle qui est attendue, redoutée ou espérée chez cet autre en question, ou en tout cas en reprendre certains traits. Ayant puisé là une
source d’inspiration, il va développer son histoire que vous lui avez bien involontairement suggérée, suite à quoi votre
assentiment lui suggèrera que c’est une histoire vraie. Car le mythomane n’est pas forcément aussi tortueux et diabolique que
parfois ses mises en scène peuvent le laisser penser, c’est avant tout un être fragile et ...crédule.
Car le paradoxe du mythomane, dont on pourrait penser qu’il est passé maître en l’art de mentir et par voie de conséquence a
pu développer une certaine méfiance par rapport au discours de l’autre toujours susceptible de se comporter comme lui, s’avère
souvent particulièrement crédule, et prêt à avaler n’importe quelle couleuvre, totalement perméable aux influences qui s’exercent sur lui !

Alors si l’entourage a une part active dans la mythomanie, la question qui se pose tout de suite est comment réagir ? Nous
avons vu que traiter le mythomane de menteur, le mettre face à l’évidence ne servait pas à grand chose d’autre qu’à le faire fuir ou renforcer le système. D’un autre côté, faire semblant de souscrire à ce qu’il raconte sous prétexte qu’il est avant tout malade risque d’entraîner une escalade « à la Romand » même si heureusement çà ne va que très rarement aussi loin.Il semblerait que ce qui soit le plus approprié soit justement de le mettre en face de sa réalité, non en démontant son mensonge, mais plutôt en révélant les failles de sa personnalité qu’il fuit dans l’imaginaire et qu’il devra apprendre à accepter.
Ce qui bien sûr sera d’autant plus facile si vous lui montrez que vous les acceptez aussi et surtout que vous l’aimez quand même, tel qu’il est….et même s’il est mythomane ! Car bien sûr la pire sanction est que, fatigué de devoir subir au quotidien les
histoires à dormir debout du mythomane, vous vous en désintéressiez complètement, retirant de fait cette précieuse attention qu’il sollicite de votre part.

Je vais ici traditionnellement vous donner rendez vous au mois prochain pour un autre bulletin, mais non sans avoir auparavant
souhaité à toutes et à tous de passer d’excellentes fêtes de fin d’année !
A très bientôt
Martine Massacrier
Martine@adps-sophrologie.com

Envoyé le 27/11/2011

..
[ Accueil Archives, annonces et actualités ADPS ]  
.

Conception: AlainRioux.com  © Tous droits réservés.