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110 : pourquoi l'abandonnisme

martine


Bulletin 110 Août 2011
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Pourquoi l’abandonnisme ?
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L’abandonnisme, parfois aussi appelé « névrose d’abandon » (Guex), bien que ceci n’ait que peu de chose à voir avec une

névrose au sens strict du terme, est une pathologie marquée de manière très claire et visible aux yeux de tous par la

dépendance affective, raison pour laquelle on a souvent tendance à confondre les deux, ce qui est très réducteur. Certaines

formes de dépendance affective ont des manifestations très différentes pour ne pas dire d’apparence totalement opposée à

l’abandonnisme bien qu’elles relèvent exactement du même problème de base. Isolement schizoïde, repli défensif sur soi avec

fuite de toute relation affective, de tout engagement, codépendance (le « sauveur ») , voire perversion narcissique sont l’autre

face de la dépendance affective et les modes sur lesquels elles se jouent n’ont pour but que de fuir les intenses émotions que

les abandonniques expriment eux à visage découvert. La solution par l’acte, la toxicomanie, la somatisation ou la sexualisation

de l’affect ( perverse ou non) nous parlent parfois également de la même chose. D’ailleurs il n’est pas rare, au lieu de

manifestations univoques de trouver plutôt un mélange de ces différentes solutions où parfois l’une d’entre elles prend la

prédominance sur les autres. Quoiqu’il en soit, fuir la dépendance, la soigner chez l’autre ou rendre l’autre dépendant à sa

place ne sont que des défenses érigées contre ces terribles émotions que certains ne peuvent faire autrement que de ressentir,

admirant parfois la liberté et l’autonomie de ceux là même qui bétonnés derrière leurs défenses leur ressemblent au fond

comme deux gouttes d’eau ! Ceci mis au point, en espérant ainsi contribuer à soulager la honte et la mauvaise image de ceux

qui, abandonniques , ne peuvent que faire le constat de leur dépendance et de leur faiblesse par rapport à elle, c’est aujourd’hui

des abandonniques avérés que nous allons parler.

Ce que redoute l’abandonnique, c’est avant tout qu’on l’abandonne, c’est logique. D’où une vie entière organisée dans le but

d’éviter cette catastrophe toujours imminente. Les techniques par contre peuvent varier : séduction, soumission, fuite des

conflits, exigences insatiables, collage adhésif, emprise, autorité, manipulation, crises de colère, menaces d’abandonner celui

là même ou celle là même dont on redoute l’abandon….chacun y va de ce qu’il sait le mieux faire pour atteindre son but. Mais

toujours avec comme leitmotiv, la peur de devoir subir cet insoutenable abandon vécu non pas comme perte de l’autre mais

perte de soi-même, effondrement.

Que la peur de l’abandon soit partout , omniprésente, et que cette catastrophe tant redoutée semble inexorable, a pour

corollaire une hypervigilance envers tout signe semblant annoncer que cet abandon est bel et bien d’actualité. Est donc

considéré comme abandon réel le fait que l’autre s’éloigne temporairement ou s’occupe de quelqu’un ou de quelque chose

d’autre qu’exclusivement de l’abandonnique. Et encore….s’occuperait-on exclusivement de lui au détriment de tous ses autres

investissements que ce ne serait encore pas assez , tant l’avidité affective et la demande d’exclusivité de l’abandonnique est

insatiable et tant il est à l’affut de la faille révélatrice du manque d’intérêt de l’autre pour sa personne. Il veut tout de l’autre et

plus encore, jusqu’à le phagocyter entièrement pour être sûr de ne pas le perdre. Aussi l’autre est-il étroitement surveillé dans

ses moindres faits et gestes, les expressions de son visage, le ton de sa voix, les mots qu’il emploie, sont minutieusement

étudiés, scrutés dans le moindre détail, au cas où on pourrait y déceler la moindre marque de désintérêt, de critique , de

désapprobation, qui signerait la perte d’amour définitive tant redoutée.

Si vous vivez avec un abandonnique, ne vous faites pas d’illusion, tout espace privé vous est refusé, non seulement vos papiers

et affaires personnelles risquent d’être régulièrement « visités » à la recherche d’une « preuve de vos  méfaits », mais même un

espace psychique propre vous sera refusé, car tout ce qui marque la différence sépare et tout ce qui sépare est mortel ! Ainsi il

ne sera pas supporté que vous ayez une vie propre, des fluctuations d’humeur, des intérêts et des occupations bien à vous et

même des pensées ou des opinions qui ne vont pas dans le même sens que l’abandonnique qui verra là une preuve de rejet de

sa personne toute entière. Ce même abandonnique qui sera prêt à se jeter à vos pieds par contre au moindre signe

d’approbation, à la moindre manifestation de gentillesse, et fera de vous son Dieu si vous savez flatter son égo, flatterie qui sera

vécue comme indubitable preuve d’amour et d’acceptation inconditionnelle de sa personne.

C’est une des raisons pour laquelle les abandonniques se sentent sans cesse grugés, manipulés, exploités et vivent déception

sur déception. Ce soir vous invitez votre femme (abandonnique) au restau, dans une ambiance tendre et chaleureuse, où vous

n’avez d’yeux que pour elle (attention de ne pas laisser échapper votre regard ailleurs , surtout sur une personne de genre

féminin !) ; vous ferez d’elle une femme comblée qui ne doutant plus de votre amour vous renverra en retour un amour

passionnel, mais demain matin, si vous avez le malheur de partir un peu vite de la maison, simplement parce que vous êtes en

retard, les bons souvenirs de la veille seront vite effacés pour ne laisser place qu’au désintérêt absolu que vous lui manifestez

ainsi ! Et les amers reproches qui vont avec… Car tout est interprété de manière égocentrique en terme d’amour/désamour,

acceptation/rejet, comme si rien dans vos états d’âme pouvait ne pas la concerner elle, exclusivement. Vous êtes de mauvaise

humeur, vous la rejetez, vous êtes de bonne humeur, vous l’ aimez et peu importe les causes réelles à l’origine de vos états

d’âme, elles ne peuvent que venir de vos sentiments à son égard !

Car malheureusement si les abandonniques ont un don indiscutable pour être hypersensibles à votre monde intérieur, si ce sont

de véritables radars de vos états internes, y compris inconscients, que leur inimitable intuition saisissent à la perfection, c’est

justement cette hypersensibilité qui fausse aussi le radar, faisant prendre un tremblement infime pour un séisme de force 8,

dans un sens négatif ou positif d’ailleurs, même si on a tendance à ne retenir que le négatif en raison des ouragans qu’il

déclenche. D’où une déformation sensible de la réalité qui les fait vivre dans un monde hostile et rejetant, un monde d’où ils

sont impitoyablement exclus, eux qui pourtant, sûrs qu’ils ne peuvent être aimés pour eux même, et pour ce qu’ils sont ont

tout fait justement pour se faire accepter en se conformant en tout point à ce qu’ils pensent vous plaire. Ce qu’ils pensent vous

plaire n’étant souvent ni plus ni moins que la répétition de ce que leurs parents ont qualifié de « gentil » et au travers de quoi ils

ont espéré se faire aimer d’eux.

Lorsque les signes du prétendu abandon sont décelés, il y alors souvent crise de colère clastique où explose l’infinie frustration

de ne pas être aimé. Il ne s’agit pas là d’une agressivité mesurée, mais d’une violente rage revendicatrice et destructrice prête à

tout dévaster sur son passage, à tuer impitoyablement tout ce qui fait obstacle à l’irréaliste gratification attendue de la part de

l’autre. Cette rage explose systématiquement quand l’abandonnique se sent délaissé, c’est à dire, on l’a vu quand il n’obtient

pas l’entière approbation et l’exclusivité des attentions de l’autre qui doit sans cesse lui reconfirmer qu’il est absolument tout

pour lui, et ce sans nuances et sans aucun partage. Cette intolérance au partage quel qu’il soit, dans la mesure où , s’ils ne

sont pas tout, ils ne sont rien, les fait passer à tort pour des jaloux ou des individus fortement enclins à la compétition, ce qui

est loin d’être le cas. Car l’abandonnique ne rentre pas en compétition dans la mesure où il a déjà perdu le combat avant même

de l’avoir commencé. Par contre la haine contre le présumé vainqueur dont au passage il envie avec avidité les « qualités » qu’il

ne se sent pas posséder est réellement meurtrière mais n’est que l’expression de l’intense frustration ressentie à s’être ainsi

fait déposséder de ce qu’ils estiment être leur dû : l’intégralité de l’amour de l’autre. Parfois la peur de perdre l’autre bloque la

rage explosive, qui va alors se déverser dans des somatisations, des passages à l’acte ou parfois simplement un repli boudeur,

mais fait de ruminations mentales intenses où haine et frustration s’alimentent à l’inspection méthodique de chaque détail de

vos actes et paroles alliée aux hypothèses les plus fantaisistes sur vos motivations, car une seule chose est à prouver, ils sont

abandonnés rejetés, bafoués, et c’est tout !

Dire que leurs relations sont fusionnelles est un euphémisme. De fait la présence rassurante d’un autre dont rien ne leur

échappe est indispensable à leur sécurité intérieure. Un autre qui n’a pas le droit d’être autre tant la différence qu’entraîne

l’altérité sépare. Et si parfois on peut éprouver une certaine admiration pour ces couples dont le côté fusionnel semble défier le

temps, ainsi que le côté passionnel qui semble émaner de leur relation, peu d’individus autonomes supporteraient sur le long

terme le meurtre d’individualité que sous-tend ce type de relation, tant les dangereuses différences doivent être arasées pour ne

laisser survivre que l’identique.

De tels individus, on pourrait à juste titre supposer que ce sont des « traumatisés de l’abandon », qu’ils ont réellement vécu un

abandon dans l’enfance ou au moins une menace d’abandon, ou encore de mauvais traitements, ou une séparation

traumatisante. Or, la plupart du temps il n’en est rien et même souvent c’est plutôt le contraire. Il ne semble dont pas y avoir de

relation directe de cause à effet dans la pathologie abandonnique, cet abandon tant redouté ne trouve pas forcément (bien que

çà puisse être le cas) sa cause dans un réel abandon qu’ils auraient eu à subir jadis. L’explication est donc à rechercher

ailleurs.

Il s’agit alors de se pencher sur ce qui pose le plus de problème à l’abandonnique, à savoir la séparation.

Et pour cela, on va d’abord devoir revenir sur l’origine de l’acquisition de la capacité à se séparer  :

Un bébé vit des états psychiques de non intégration , c’est à dire qu’il n’a pas le sentiment d’être un individu entier, complet,

unifié, dont l’existence se déroule de manière continue dans le temps, sentiment à l’origine de l’identité. Cette continuité, cette

impression d’être entier, il en fait l’expérience dans les moments où il est « contenu » par l’environnement par exemple quand la

mère s’occupe de lui. L’alternance des moments de présence et d’absence de la mère le fait donc passer par une alternance

de sentiments de continuité, d’intégration et de désintégration, de dispersion. La régularité des soins maternels finira par

inscrire en lui le souvenir , la représentation mentale de ces moments de rassemblement, de continuité qui lui permettront de

faire face aux absences de la mère sans se désintégrer. C’est ainsi que peu à peu va se construire son sentiment d’identité,

c’est à dire la persistance de son être dans le temps. A condition toutefois que la mère ne disparaisse pas trop longtemps. Si

c’est le cas, la représentation disparaîtra de son psychisme qui est alors menacé de se déstructurer, le laissant dans une

infinie détresse, le sentiment de se disloquer, se désintégrer, s’effondrer, comme un liquide s’éparpille lorsqu’il est privé de son

contenant. L’absence est synonyme de mort de son être, de perte de soi. Petit à petit, la représentation interne qu’il acquiert

de sa relation à sa mère prend le relais de la présence réelle de la mère en son absence et lui permettra de supporter

progressivement la séparation, l’éloignement de la mère, en même temps que son sentiment d’identité propre s’installe. Ceci

n’est pas uniquement quantitatif, mais aussi qualitatif. Une mère omniprésente, mais dépressive, angoissante, anxieuse ou qui

inverse les rôles en ayant plus besoin du nourrisson pour combler ses manques affectifs que le nourrisson n’a besoin d’elle, ne

permettra pas plus l’intégration de cette relation sécurisante dans le psychisme qu’une mère délaissante.

Chez l’abandonnique, il se passe quelque chose de similaire. C’est à dire qu’il n’y a pas ou très peu de persistance de la

représentation de l’autre et de la relation, lorsque l’autre s’éloigne. Je ne parle pas bien sûr sur le plan conscient ou intellectuel,

mais dans le vécu émotionnel inconscient qui est alors la proie d’angoisses archaïques d’effondrement du sentiment de soi.

Cette angoisse là est parfois pressentie mais rarement perçue en tant que telle. Ce qui est ressenti c’est plutôt la peur d’avoir

définitivement perdu l’autre, qui peut prendre la forme de l’angoisse qu’il lui soit arrivé quelque chose, qu’il ne s’intéresse plus à

l’abandonnique dès qu’il est hors de sa présence, l’angoisse de ne pas le revoir, la colère due à la frustration de son absence,

etc, etc…L’autre n’étant plus à proximité, c’est comme s’il avait disparu, qu’il l’avait abandonné, comme s’il ne devait jamais

revenir, ou comme si la relation qui l’unit à l’abandonnique se désagrégeait, disparaissait. Là est tout le problème de

l’abandonnique qui est bien moins confronté à la perte de l’objet réel qu’à la disparition à l’intérieur de lui de l’objet interne qui le

représente, disparition qui réveille ces expériences archaïques d’effondrement du moi. L’objet interne dont le rôle est de rendre

supportable l’éloignement de l’objet réel ne joue pas ici son rôle. Il faut alors lui substituer une présence réelle et tangible de

l’objet réel qui n’a plus le droit de s’éloigner un tant soit peu sous peine de menacer le psychisme de l’abandonnique

d’effondrement.

De là les multiples tentatives de réassurance : éviter l’éloignement de l’autre ou encore s’assurer de la continuité de la relation

(que l’autre et ses sentiments n’ont pas disparu) par des multiples coups de fil par exemple, donnés ou attendus avec

angoisse. Juste pour vérifier que l’autre n’a pas disparu et s’intéresse encore à soi. Bien sûr une absence de communication ou

même un simple retard, une mise sur messagerie, est une véritable catastrophe, signe certain de la disparition ou de la

trahison de l’autre.

Or, seule une organisation psychique qui peut maintenir le sentiment de continuité de son existence même en l’absence de

l’autre peut permettre le développement d’un sentiment d’identité, c’est à dire la conscience de soi, indépendamment des

circonstances vécues, identité qui va donner aussi conscience de l’existence de l’autre et de sa différence devenue dès lors

supportable. Il ne peut en effet y avoir de sentiment d’identité assuré sans conscience de l’identité de l’autre et de sa différence

(et donc de son inévitable non assimilation à soi), de même que toute séparation d’avec quelqu’un avec qui on est confondu est

impossible.

Quand ceci n’est pas acquis, se met en place une relation d’étayage, où le sentiment d’identité personnelle se fonde sur la

présence réelle et tangible de l’autre et le regard bienveillant qu’il pose sur soi. C’est bien sûr une situation de grande

dépendance à cet autre dont la présence et la bienveillance doivent être préservée à tout prix. Cette sensation que l’autre vient

remplir un vide en soi en palliant à la défaillance des objets internes fait bien sûr référence à un mode de relation

toxicomaniaque, et en çà on peut dire que la dépendance affective est une toxicomanie de l’autre. La toxicomanie réelle quant à

elle est une tentative de maîtrise de cet autre toujours susceptible de disparaître en remplaçant l’objet humain donc jamais

totalement fiable, par un produit qui lui est toujours disponible et maîtrisable.

Variations sur l’abandonnisme….

- Quand l’objet est issu d’un choix amoureux, il deviendra une sorte de double, de jumeau narcissique, choisi en fonction de

ses capacités de contenance et d’apaisement bien plus qu’en raison de son être réel, il peut d’ailleurs être assez facilement

interchangeable malgré les apparences, du fait que c’est bien plus le rôle qu’il joue qui est choisi que la personne en

elle-même.

- Mais l’objet peut aussi bien être un objet de haine, ce sera alors la haine qui servira d’étayage au sentiment d’exister, tel

qu’en témoignent certaines séparations impossibles où une haine acharnée vient remplacer un amour intense et joue le même

rôle : maintenir le lien à tout prix.

- L’objet peut aussi être « objet d’évacuation », ce qui est la solution perverse narcissique. Il aura alors pour mission de contenir

en lui les aspects que le sujet ne peut supporter comme lui appartenant. Toujours attaqué, sali, rabaissé, privé d’existence

propre il n’en est pas moins objet indispensable devant demeurer à tout prix à disposition.

- Il peut être « objet utile » . Il sera alors choisi en raison des services qu’il rend. Là encore il se verra privé de son identité

propre et « jeté après usage », dès qu’il a fini de jouer son rôle.

Comprendre ces mécanismes sont de la plus grande importance. Car en effet lorsque l’abandonnique consulte c’est souvent en

raison de ses échecs sentimentaux, de ses déceptions ou lors d’un chagrin d’amour qu’il vit de manière dramatique. On a alors

en face un être passionné, follement amoureux et déçu en général de la trahison de son objet d’amour, ou encore souffrant le

martyr de la non réciprocité de ses sentiments, voire d’une rupture avérée. Un être qu’on a l’impression de voir lucide, tant son

analyse de l’autre est fine, bien que l’exagération soit toujours de la partie, mais qui en dépit de cette lucidité ne semble pas

pouvoir renoncer à une relation alors même qu’elle est exclusivement source de souffrance. On aurait vite fait de parler de

masochisme, de recherche de la souffrance, de la trahison en raison d’une très mauvaise estime de soi. Ce n’est pas toujours

faux, mais pas non plus entièrement vrai. Car il ne faut pas sous estimer l’enjeu vital qui se joue ici. S’il y a agrippement en

dépit du bon sens à un autre source de souffrance, c’est parce que cet autre est le garant du sentiment de soi, est littéralement

un objet de survie et que la souffrance est simplement préférée à la mort ! Parfois, on l’a vu l’objet est traqué dans la haine,

pourvu qu’il persiste, la relation n’est pas relation à un autre aimé au delà de tout, elle est relation à un autre garant de sa

survie. C’est pourquoi se contenter de dire « courage fuyez, renoncez, vous vous porterez mieux sans lui » n’a que très peu

d’écho, et ce conseil a fort peu de chance d’être suivi par quelqu’un qui souvent le sait bien, mais ne comprend pas cette force

incoercible qui le retient envers et contre tout. Il m’a même été donné de voir des abandonniques conscient que le lien qui les

accrochait ainsi à leur objet n’était pas ou plus de l’amour, et incapable quand même de rompre ce lien, comme si

l’abandonnisme travaillait maintenant pour son propre compte, en dehors de toute illusion d’amour réel.

Il est indispensable, non de pousser à la séparation, car la première relation a toutes les chances de se voir remplacer par une

autre identique, mais de créer en parallèle (ou du moins essayer car, on l’a vu, la toxicomanie de l’autre ne laisse guère de

place pour d’autres investissements), une autre relation, plus saine, qui puisse servir d’étayage à l’abandonnique et peu à peu

lui permettre d’apprendre à conserver à l’intérieur de lui cet objet interne sécurisant qui chez lui est défaillant. Thérapie, groupes

de dépendants affectifs peuvent jouer ce rôle de transition, permettre dans un contexte moins dramatique l’apprentissage d’une

relation plus authentique et plus respectueuse de l’autre tout en confortant le sentiment d’identité.

Je vous souhaite à toutes et à tous un excellent mois d’août et vous donne rendez vous en septembre.

Cordialement
Martine Massacrier
martine@adps-sophrologie.com


Envoyé le 29/07/2011

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