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108 : ces illusions qui nous font souffrir

martine

Bulletin 108 Juin 2011
Ces illusions qui nous font souffrir.
Je suis angoissé, je me sens vide, ma vie sentimentale n’est qu’une succession d’échecs, je ne peux m ‘empêcher de détruire ce qui devrait m’épanouir, me mettre en échec, je suis victime de compulsions, d’addiction, je suis incapable de renoncer à une relation toxique….Voilà la complainte qui fait le quotidien des cabinets de psychothérapie. Avec comme émetteurs des personnes prisonnières d’une souffrance qui tisse le fil de leur jours, omniprésente, comme une fatalité qui refuse de les lâcher et qu’ils doivent plus ou moins subir sans véritable espoir d’en sortir un jour, sauf peut-être , on ne sait jamais , si…si la psychothérapie marche, s’ils rencontrent enfin quelqu’un qui les aime et les comprenne, si la chance leur sourit, etc, etc….
Certains considèrent leur cas comme véritablement « médical » au plein sens du terme, c’est à dire que leur souffrance est comparable aux effets d’un virus qu’ils auraient attrapé et contre lequel le thérapeute saura tout naturellement prescrire le bon médicament. D’autres encore savent que leur passé est forcément la cause de leur présent et pensent qu’il suffit de comprendre pour être délivré, ils viennent donc demander des explications….
Tout ceci n’épargnera pas le fait que parfois, même comprise et reliée au passé, la souffrance se représentera, comme irréductible, imperméable à toute argumentation logique et de bon sens, et leurs difficultés continueront à se présenter aussi fortes ou presque qu’avant, tant qu’ils ne se seront pas confrontés à leur difficulté sur le plan concret pour la vaincre. En clair il ne suffit pas de savoir pourquoi on est phobique pour vaincre sa phobie, même si je continue à penser que c’est indispensable, il faut encore affronter cette phobie « sur le terrain » pour la dépasser. Tant que la personne reste dans l’évitement, la phobie persiste, et les limitations qu’elle impose à la vie quotidienne aussi. De même comprendre pourquoi notre dépendance nous empêche de mettre fin à une relation toxique, ne nous épargnera pas l’indispensable séparation si on veut vraiment faire cesser cette toxicité.
Et c’est là le point de découragement majeur pour certains…et pas pour d’autres ! En clair chez certains comprendre leur permet de passer à autre chose avec des difficultés somme toute surmontables, pour d’autres il semble que ça ne serve strictement à rien et que dès que l’émotion se représente, elle reprenne entièrement son pouvoir, comme au premier jour, comme si rien n’avait été compris, comme si rien n’avait été dit. Ces personnes alors ont vite fait de se décourager et se demander pourquoi « çà ne marche pas » et malheureusement il y a une réponse toute faite qui souvent s’impose : la psychothérapie ne sert à rien , souvent présentée comme « pour d’autres ça marche peut-être mais mon cas à moi est bien trop difficile à traiter ! ». Or leur cas n’a souvent rien d’exceptionnel, on pourrait même dire qu’il est plus « léger » que d’autres pour qui « çà marche ». Pourtant le fait est bel et bien là, pour eux il est clair que « çà ne marche pas ».
Si on observe de plus près les différents cas de figure, on s’aperçoit alors qu’il semblerait que ça soit du à la force de l’émotion, de l’angoisse, qui pour certains est surmontable, pour d’autres non. On serait cependant dans l’erreur de conclure que la souffrance est plus forte dans un cas que dans l’autre. Par contre le sens que la personne donne à cette souffrance est lui de la plus haute importance.
Nous allons voir ça de plus près avec le cas de Paule, phobique . Paule ne peut plus conduire depuis déjà quelques temps. Dès qu’elle est dans sa voiture et que ça commence à aller un peu vite, elle a l’impression de perdre le contrôle et être entrainée malgré elle par un engin diabolique qui échappe totalement à son contrôle. Le cas s’aggrave d’autant plus que la circulation est dense et qu’elle se sent d’autant plus « coincée » . Paule a eu très peur quelquefois et a pris comme solution de ne plus conduire et de s’arranger autrement : prendre les transports en commun ou se faire accompagner. Mais voilà, Paule vient de trouver un nouvel emploi qui nécessite impérativement un véhicule . C’est la chance de sa vie, et elle enrage de devoir la laisser passer à cause de cette angoisse. C’est dans ces conditions qu’elle se décide enfin à tenter quelque chose.
Au début l’angoisse est maîtresse absolue du terrain, il suffit qu’elle se manifeste et Paule abandonne la lutte, persuadée qu’elle est en prise à un ennemi irréductible qui va la terrasser, et que si la crise d’angoisse ne la tue pas, ce sera inévitablement l’accident qu’elle provoquera qui le fera. Il est clair que dans ces conditions, le problème se pérennise au point que Paule a renoncé à l’idée même de pouvoir reconduire un jour. Elle commet l’erreur fondamentale qu’on commet en général dans ces cas là : attendre d’être libérée de l’angoisse pour reprendre sereinement le volant. Attendre d’aller mieux pour pouvoir faire les choses est exactement ce qu’il ne faut pas faire, car c’est aussi et surtout parce qu’on ne fait pas les choses que l’état pathologique devient tout puissant.
Il s’agit donc de reconduire, angoissée ou pas. Pour cela il va être nécessaire de mettre en œuvre des techniques de gestion de l’angoisse qui permettront si ce n’est d’en prendre totalement le contrôle, du moins faire la preuve qu’on peut avoir un effet dessus et que rien n’est irrémédiable. Comprendre aussi en parallèle quels sont les mécanismes de la crise d’angoisse et quelle est sa signification réelle qui n’a absolument rien à voir avec la voiture. Pour réduire l’angoisse à ce qu’elle est : un symptôme très désagréable certes, mais pas plus, et en aucun cas un danger de mort imminente.
Le plus difficile pour Paule a été de se confronter à la situation, car évidemment la présence d’un accident du à la perte de concentration liée à la crise d’angoisse était un élément non négligeable qui a été source de surexploitation pour le mécanisme de rationalisation qui a pour rôle de nous convaincre que le danger est bien réel. Cà marche quand il n’y a pas de danger du tout, alors quand on peut s’accrocher à une raison de ce type….
Et pourtant Paule l’a fait. Et Paule a pu faire à cette occasion l’expérience que l’angoisse pouvait être maîtrisée et qu’elle arrivait quand même à bon port. Pas dans des conditions optimales, certes, mais à bon port quand même. L’expérience était à renouveler, jusqu’à ce que l’angoisse cède de plus en plus du terrain pour devenir progressivement moins violente, supportable, juste gênante, pour enfin disparaître. Paule a pris l’habitude de ne jamais se laisser arrêter dans ce qu’elle avait à faire, angoisse ou pas. Résultat, l’angoisse est devenue un élément de la situation, et non plus la situation à part entière, donc elle y a beaucoup moins pensé comme le centre de tout, et elle a pu constater qu’au moins elle lui accordait d’importance, au moins elle se manifestait. Bien sûr c’est plus facile à dire qu’à faire, c’est pourquoi il est fortement conseillé d’agir de manière progressive mais constante, sachant que le moindre recul est sévèrement sanctionné par une « vengeance » du symptôme.
Qu’est-ce qui a changé ? Rien d’autre que le regard de Paule sur son symptôme qui lui a permis de prendre de la distance au lieu de se laisser submerger. Pas l ‘angoisse qui se serait reproduite à l’identique si elle l’avait vécue de la manière dont elle avait pris l’habitude de la vivre. Pour s’en persuader, il suffit d’envisager le cas de ces phobiques en fin de traitement qui doivent impérativement avoir l’anxiolytique dans leur poche au cas où… Ils ne le prennent jamais, mais si par malheur ils l’oublient , la crise est au rendez vous !
Cette idée, si facile à expérimenter dans le cas de l’angoisse est généralisable à la plupart de nos souffrances psychologiques ordinaires : il y a la chose et l’idée qu’on s’en fait, une idée erronée mais pourtant extrêmement active et plus responsable que la pathologie elle- même de la persistance de la souffrance. C’est ainsi que la terreur de la séparation ne dure souvent que tant que la séparation n’a pas eu lieu. Si ce cap est franchi dans la réalité, on s’aperçoit non seulement qu’on n’en meurt pas mais parfois aussi qu’on se sent revivre ! Même s’il y a une souffrance inévitable à accepter, la souffrance réelle n’a strictement rien à voir avec celle qu’on s’était imaginé. Comme quoi il suffit parfois de très peu pour changer beaucoup alors même qu’on croit les choses insurmontables ! Mais il faut oser faire le petit quelque chose qui permettra de se reconnecter à la réalité quand l’illusion est trop forte et nous donne l’intime conviction que rien n’est possible. Car l’illusion ne survit jamais au contact de la réalité (sauf psychose avérée), c’est pourquoi elle l’évite avec tant de soin.
Parmi les illusions classiques et fort répandues dans lesquelles notre inconscient se plait à nous entraîner, on trouve :
- L’angoisse : L’angoisse se projette sur un objet extérieur. Ainsi « on a peur des araignées », et même une peur panique qui paraît insurmontable, alors qu’en fait ce qui génère l’angoisse n’a qu’un lien très lointain avec les araignées . L’illusion c’est l’araignée, une illusion bien utile car il est plus facile de fuir les araignées ou se promener avec une bombe d’insecticide que de fuir ce qui se trouve au fond de nous !
- Le transfert : Même s’il est le fer de lance des psychanalystes, ils n’en ont pas le monopole, loin de là. Le transfert consiste schématiquement à prendre le présent pour le passé et les gens de notre entourage pour les personnes du passé, en général nos parents. Cette illusion que la situation d’enfance est réellement la situation présente est tellement forte qu’elle nous fait totalement occulter le fait qu’aujourd’hui on est devenu un adulte parfaitement apte à prendre sa vie en main. N’oublions pas qu’un enfant est par essence dépendant et impuissant. Et si l’on redevient un enfant, on se heurtera forcément à cette impuissance. Sauf que dans la réalité on n’est plus un enfant et que l’impuissance n’est qu’un ressenti sans fondement réel. Même si l’état dans lequel elle nous met engendre d’une certaine manière une réelle impuissance : changez l’état, l’impuissance disparaîtra. Il est de la plus haute importance de voir ce qui dans nos relations se rejoue de notre passé et qui sont nos « parents » actuels. Par exemple si le conjoint est vu comme la mère indispensable à sa survie, le moindre de ses éloignements génèrera des angoisses terribles. Le plus terrible étant peut-être quand on cherche à les justifier en déformant la réalité pour la faire coller à notre imaginaire !
- La projection : La projection consiste à mettre à l’extérieur de nous ce qui de fait est en nous mais nous est insupportable. Mécanisme majeur dans la psychose, la paranoïa , la phobie, la projection est aussi normalement omniprésente dans nos vies, pas la peine de rêver, nul n’y échappe. Ainsi la plupart des critiques qu’on adresse à l’autre , les jugements impitoyables qu’on porte sur telle ou telle personne ne sont souvent que des jugements qui concernent ce qu’on a au fond de nous mais qu’on préfère voir chez l’autre. Quelqu’un qui refuse son agressivité stigmatisera les autres au moindre soupçon de ce qu’il estime être de la violence, verra le monde agressif, alors que c’est lui qui l’est. De même que la crainte du regard de l’autre n’est souvent que la crainte du jugement qu’on porte sur nous-mêmes projetée dans le regard de l’autre.
- L’amour passion : Le fameux « coup de foudre » est peut être très agréable, il n’en demeure pas moins qu’il est très régressif. Le sentiment fusionnel que ressentent deux amoureux, l’impression de ne faire qu’un avec un être idéalisé n’est que retour à la position d’un bébé dans les bras de sa mère. Passage normal de la vie de tout un chacun, il faudrait même plutôt s’inquiéter si ça ne nous arrivait jamais, il n’en demeure pas moins qu’on entre dans la pathologie quand cet état perdure alors que le temps du coup de foudre est passé depuis très longtemps, encore pire, qu’il s’est avéré que l’être de nos rêves est devenu le plus gros obstacle à notre épanouissement personnel, mais qu’on ne peut malgré tout supporter de le voir prendre de la distance, sous peine de souffrir le martyre ou paniquer totalement. Les folles amours qui font la trame des passions célèbres , les « Roméo et Juliette », « Tristan et Iseult », qui font rêver de cet amour absolu qui transcende la mort elle-même, ne sont que l’histoire de nos premières amours , des amours absolus qui se sont mal terminés, ne serait ce que parce qu’on a du se séparer pour grandir, et auxquels on rêve toujours de revenir , tel un Paradis Perdu fascinant auquel on n’a jamais vraiment renoncé. Que la raison s’efface devant ce fantasme d’absolu n’est grave que quand nos histoires d’amour ne font que raconter cette histoire d’amour malheureuse . Et que la passion qui souvent fait essentiellement souffrir soit ainsi érigée en Idéal en dit long ! De même les séparations impossibles ne parlent que de celle, initiale qui n’a pu se faire, l’indispensable séparation de la mère qui aurait pu permettre de grandir et s’autonomiser. L’angoisse de séparation a la même source dans ce refus de grandir, donc de devoir se décrocher de l’autre, en fin de compte de Maman.
- La formation réactionnelle : Lorsqu’une tendance est refusée, elle se manifeste souvent chez l’individu en son excès contraire : on connaît l’envie de salir et de détruire qui conduit à l’obsession de la propreté chez les TOC, moins bien la super-gentillesse qui masque l’agressivité ou au contraire la super-agressivité qui défend la faiblesse. A réfléchir avant de dire que « c’est inné » voire porter des jugements moraux !
- L’autre a absolument besoin de moi, sans moi il ne saurait se débrouiller seul. Très souvent de telles personnes s’avèrent avoir au moins autant si ce n’est plus besoin de l’autre dont ils sont sensés s’occuper. On est dans la logique de la codépendance, qui n’en reste pas moins une dépendance à part entière, même déguisée. Quant à la culpabilité qui accompagne ces états lorsqu’on « abandonne » l’autre à son triste sort, elle fait référence au fait qu’on se sent responsable du bonheur de l’autre : joli sentiment de toute puissance et joli mépris du droit de l’autre à assumer sa vie ! Référence aussi à nos propres sentiments d’abandon projetés. N’oublions pas qu’un codépendant est un abandonnique qui s’ignore, modèle parfait du colosse aux pieds d’argile.
- La fausse fatigue qui rend les choses tellement lourdes à faire qu’on à l’impression que ce sont des montagnes qu’on ne pourra jamais soulever. D’ailleurs rien que l’idée de s’y mettre est épuisante ! On est souvent dans l’inhibition et on s’aperçoit que si on y va quand même les choses se passent au mieux et la fatigue disparaît. Horreur suprême , on peut même y prendre plaisir !
Il est impossible ici de faire le tour de toutes les vessies que notre inconscient nous fait prendre pour des lanternes. S’il y a quelque chose à retenir, c’est essentiellement que les choses sont très loin d’être ce qu’elles paraissent être et nos jugements de surface la plupart du temps erronés. Peu importe après tout si on est bien comme ça, ça fait partie de la vie. Mais si ces illusions en arrivent à nous faire souffrir, c’est là où il est nécessaire de les démonter. Car comme tout ce qui vient de l’inconscient ces illusions prennent un caractère de certitude absolue et inébranlable , souvent pas ou très peu accessibles à la raison. Dans la lutte émotion contre raison, ce n’est pas forcément la raison qui l’emporte, surtout quand l’émotion est inconsciente et puissante. Qui plus est l’émotion engendre un certain nombre de pensées qui pour être irrationnelles n’en bénéficient pas moins de son énergie qui leur donne une force bien plus grande que celles simplement issues de la raison. Ce qui fait qu’au moins sur le moment, nous sommes intimement convaincus de leur validité. Pour lutter contre l’illusion quelques points clefs sont à retenir :
- Une intime conviction n’a jamais eu valeur de preuve. Après tout nul n’a d’intime conviction plus forte qu’un psychotique en plein délire !
- Il est possible de prendre une certaine distance avec l’émotion/pensée fausse y compris lorsqu’on est submergée par elle. Je suis submergée par l’angoisse d’abandon, je sais que je vais faire n’importe quoi pour y échapper, mais au fond de moi je réussit à préserver une petite partie qui est libre de çà, qui « sait » que mon comportement et ma conviction actuelle sont pathologiques. Une partie qui peut rester inactive un premier temps mais qu’on fera grandir au fil des expériences jusqu’à voir qu’elle peut tempérer les choses au moins en partie. Se voir agir, même de façon totalement irraisonnée, c’est déjà faire un pas vers la réalité.
- Enfin, se confronter à la réalité. Il s’agit de mettre sa main dans la gueule du loup pour ne pas être mordu. Mais bien sûr progressivement ! Un tout petit rien peut changer beaucoup. C’est l’ « effet Papillon ». Car ce qu’il s’agit de changer avant tout c’est le point de vue. Et contre l’émotion, il faut amener de l’émotion de qualité opposée.  Je prend un exemple : « Je suis incapable de dire non, de m’opposer à l’autre » ; je vais essayer de dire un tout petit non, sur une toute petite chose. Je vais voir inévitablement des choses en retour: soit ça se passe bien et l’autre admet tout à fait qu’on puisse ne pas toujours être d’accord avec lui et ça me rassure, un non n’entraîne pas forcément une catastrophe nucléaire, et même, il peut être le premier pas vers un dialogue constructif. Qui plus est je fais l’expérience du plaisir structurant d’oser être moi…qui donne l’envie de recommencer ! Soit l’autre n’admet pas du tout cette opposition et je fais alors l’expérience que la relation pose un vrai problème qui n’est que partiellement de mon fait même si j’ai donné de mauvaises habitudes. Cà peut ouvrir un questionnement, une révolte, une remise en question, une découverte que l’autre est un tyran et non pas cet être faible que j’avais si peur de blesser, etc, etc…Dans tous les cas j’avance. Et j’accumule une somme de petits ressentis qui vont à l’encontre d’un ressenti, très fort certes mais unique et qui ne devait essentiellement sa force à l’absence de contrepoids.
Et pour conclure j’aimerais citer cette phrase d’ Audiard : « Deux intellectuels assis vont moins loin qu’une brute qui marche ». Une manière fleurie de dire que l’intellect si judicieux et performant soit-il sera toujours moins efficace qu’une expérience concrète vécue dans la réalité.
Je vous souhaite à tous une excellent mois de juin et vous dit à bientôt.
Martine Massacrier
martine@adps-sophrologie.com

Envoyé le 29/07/2011

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